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Ptêt ben qu’oui, ptêt ben qu’non !

Une petite bizarrerie qui passait par là.

  • 30 Décembre 1819 à Brionne (27). Acte de naissance de Rosalie Joséphine DUTHEIL, née le 27 décembre. Fille de Louis François, 27 ans, et de Catherine PREVOST, 24 ans. Le père signe.
  • 1er Janvier 1820 à Brionne. Acte de naissance de… Rosalie Joséphine DUTHEIL, née le 29 décembre. Fille de Louis François, 28 ans, et de Catherine PREVOST, 24 ans. Le père déclare ne pas savoir signer.

Et là je me pose une question. Que s’est-il passé lors des fêtes de la nouvelle année 1820 à Brionne ? La gueule de bois du siècle.

Bon, je suis méchante. Il est toujours possible que deux Louis François DUTHEIL aient épousé deux Catherine PREVOST. Certainement en même temps. Et qu’ils aient eu assez d’humour pour appeler leurs filles de la même façon. Si. C’est possible. Soyez pas si méchants.

 

30/12/1818 - Naissance de Rosalie Joséphine DUTHEIL - (c) AD27

01/01/1820 - Naissance de Rosalie Joséphine DUTHEIL bis, 1ère page - (c) AD27

01/01/1820 - Naissance de Rosalie Joséphine DUTHEIL bis, 2ème page - (c) AD27

Crédits images : Archives Départementales de l’Eure – Côtes 8MI0857 et 8MI0858

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Morts d’épilepsie à Risoul (bis)

Mon précédent post a déclenché une petite discussion (voir les commentaires, et twitter) sur le fait qu’il s’agit ou non d’épilepsie. La répétition des cas tendant à faire douter Jordi et Merline de la véracité du diagnostic. D’autant que les deux cas présentés ne sont espacés que de six mois.

La théorie de Merline tient la route : l’ergot du seigle peut entraîner des convulsions qui pourraient être prises pour de l’épilepsie, et il peut entraîner la mort. Voir les articles de Wikipédia sur l’ergot du seigle, et sur l’ergotisme.

J’avoue que j’avais tendance à croire le curé au départ ((et peut-être que du coup j’irai au Paradis ;-))) mais en poursuivant ma lecture des registres de Risoul, j’en ai trouvé deux autres, cette fois en 1737 et 1743.

Décès de Joseph ESMIEU, le 12/08/1737, ~30 ans :



Décès de Joseph ESMIEU, 12/08/1737 à Risoul. (c) AD05



Le 13è aout 1737 j’ay enterré le
cadavre de joseph emieu agé
d’environ trente ans mort
le jour de hier dans sa maison
de la montagne par l’accident
du mal caduc ou appelé par
le commun mal de St jean, dans
lequel il tomboit souvent d’une manière
affreuse, dans lequel accident il s’étoit
brulé les mains dans un autre temps
ce qui l’a privé d’aucun secours spirituel
étant d’ailleurs très bon chrétien aux
présences des soussignés

Ici encore, comme pour Jeanne EYMAR en 1759, Joseph ESMIEU est dit épileptique notoire, et si je comprends bien, il s’était déjà brûlé les mains lors d’une précédente crise.

Second décès, 5 ans plus tard, celui de Jacques ALBRAND, le 28/06/1743 :

 


Décès de Jacques ALBRAND le 28/06/1743 à Risoul. (c) AD05


Jacques albrand fils de jean agé d’environ trente
ans est décédé le 28è juin 1743 dans un accident
du mal caduc et par conséquent privé des sacrements
des mourants mais ayant vécu en bon catholique
et satisfait a son devoir pascal, le père ayant
obtenu par requête qu’il fut enterré je lui ay
accordé la sépulture écclésiastique le 29è
du dit mois de juin le tout aux présences des
soussignés.

Il est évident que l’on ne saura jamais vraiment si tous ces gens étaient réellement épileptiques, ou s’il s’agit de convulsions dues à un élément extérieur. Ceci dit, dans deux cas sur les quatres, les crises n’étaient clairement pas les premières, et si on se brûle les mains une fois, on peut très bien tomber sur la tête une autre fois, et en mourir. Mais bon, l’épilepsie n’est pas contagieuse, et n’est que très rarement “familiale”.

4 cas en 23 ans, tous dans le même village (assez gros pour la région). Combien d’autres, le curé ne détaillant probablement que lorsqu’il n’a pu donner les sacrements pour cause de mort rapide ?

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Morts d’épilepsie à Risoul

En l’espace de quelques mois, deux jeunes adultes de Risoul, village des Hautes-Alpes aux portes du Queyras, sont morts suite à des crises d’épilepsie :

Le 24/09/1759, décès de Jeanne EYMAR, ~22 ans :





Décès de Jeanne EYMAR le 24/09/1759 à Risoul. (c) AD05






Jeanne Eymar fille de Jean et de anne maurel
de la paroisse de Risoul agée d’environ vingt deux
ans, atteinte depuis plusieurs années du mal d’épilepsie
appellée autrement le haut mal ou le mal caduc
se trouvant a garder les bestiaux au dessus l’hameau
du Collet, a été attaquée de cet accident et dans l’instant
elle a été portée dans sa maison par sa mere et le secours
de Sébastien Sibourd fils de Sébastien, ou ayant vécu encore
l’espace de trois heures, est enfin décédée, scavoir le
vingt-quatre septembre mil sept cents conquante neuf
et son corps a été inhumé (renvoi) dans le cimetière de l’église
paroissialle présents les soussignés et autres du présent
lieu (renvoi 🙂 le vingt cinq du même mois et an que dessus


Et le 29/05/1760, décès de Nicolas GARNIER, ~24 ans :






Décès de Nicolas Garnier le 29/05/1760 à Risoul. (c) AD05






nicolas garnier feu jacques de la paroisse de Risoul
agé d’environ vingt quatre ans est mort d’un accident
d’épilepsie ou autrement dit mal caduc au cartier appellé
Serre Contier n’ayant pû recevoir les sacrements
scavoir le vingt neuf du mois de may mil sept cents
soixante, et par permission de Mr Allard juge des
Chateaux Archiepiscopaux de l’Embrunais et de Mr Allard
son fils procureur fiscal, couchée au bas du verbal
dressé par Sr Jean Baptiste Argensat chatelain dudit lieu
en datte du vingt neuf dudit mois, Luy avons donné la
sépulture eclésiastique le trente dudit mois
et an que dessus presents, Jean garnier son frère,
françois garnier son autre frère, Claude garnier,
Jean-Baptiste maurel et autres soussignés tous du
présent lieu.

Edit du 20/11 : voir sur la suite de cet article ici.

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Lapsus

Petit lapsus de l’officier de l’Etat–Civil, relevé dans un acte de mariage, à Caudebec-Lès-Elbeuf, en date du 21/08/1816 :


Acte de mariage REVERT x SAHEURS, Caudebec-Lès-Elbeuf, 1816. (c) AD76


… Joachim Revert agé de trente neuf ans tisserand

en cette commune oncle paternel de l’enfant époux, Michel

Etienne Luce agé de soixante quatorze and tisserand

au même lieu, ayeul maternel de l’enfant, ….

Evidemment, Michel Etienne est bien le grand-mère père ((telle est prise qui croyait prendre)) maternel de l’époux, et non pas de l’enfant, mais je trouve ça joli 😉

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Mortalité infantile et naissance d’un autre enfant

L’étude des registres paroissiaux permet bien souvent d’appréhender les divers aspects sociaux et économiques d’une société donnée. Lors de mes pérégrinations registresques, lorsque je prends le temps et la peine de lire (plus ou moins en diagonale) les actes sur plusieurs années, voir décennies, je remarque souvent le même “pattern” ((pardonnez l’anglicisme, le terme français ne me vient pas)) en ce qui concerne la mort des très jeunes enfants (disons jusqu’à deux ou trois ans).

En effet, il arrive souvent qu’un enfant meurt en bas âge, et que l’on trouve quelques semaines, quelques mois, voire quelques *jours* plus tard, la naissance d’un petit frère ou d’une petite soeur.

Au début, je n’y faisais pas attention, et puis au fur et à mesure, j’ai commencé à “repérer” un décès, et à m’attendre à trouver une naissance quelques pages plus loin. Voire, quand je cherchais une naissance, à chercher d’abord le décès du petit précédent… Le nombre de fois où j’ai tapé dans le mille me fait penser qu’il y a là une relation de cause à effet certaine.

Alors… pourquoi ? J’imagine qu’au 18ème siècle les enfants étaient allaités le plus tard possible. La survenue d’une grossesse implique l’arrêt de la lactation. Le sevrage un peu trop rapide serait-il à l’origine de la mort de l’enfant ?

Je n’ai pas encore creusé le sujet, mais je m’interroge… alors en attendant je pose la question au monde. Avez-vous remarqué ça ? Avez-vous une explication ? Ou est-ce que je suis complètement à côté de la plaque ?

Achiam : Maternité (Basalte)

Achiam : Maternité (Basalte)

(image trouvée sur Wikipedia, propriétaire Claude Villetaneuse, licence CC Paternité version 3.0 Unported)

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Bénédiction du prototype d’une Sainte Vierge

Il y a quelques jours, je vous parlais du coup de gueule du curé de Ceillac (05) envers ses paroissiens. Un an après, on trouve la bénédiction d’une statue commandée à Marseille par certains de ses paroissiens. J’extrapole, mais je ne peux m’empêcher de me demander si ça a un rapport… si ces “enfants de Seillac” en question n’avaient pas, par hasard, quelque chose à se faire pardonner ?

Bénédiction d'une statue de Ste Vierge, 21/06/1759

Bénédiction d'une statue de Ste Vierge, 21/06/1759

L’an mil sept cent cinquante neuf et le vingt-un de juin
{…} de la fette dieu, nous sommes allez à la viste
processionnellement benir et recevoir le prototipe de la ste
vierge que les Srs Joseph fournier beaufils de JBte guerin ((Joseph FOURNIER, époux de Marie GUERIN, elle-même fille de Jean-Baptiste, sont mes ancêtres directs (respectivement sosas 394, 395 et 790) )), pierre
marchis fils de marcellin et les autres enfants de Seillac marchands en
provence, ont fait construire à marseille à leurs frais et depends
pour l’autel du rosaire de cette parroisse et l’ont encore ornée
et embelie de plusieurs presents. enfoy

A Fortoul, procuré

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Coup de gueule du curé de Ceillac

Je fouille, je farfouille, et parfois, paf, au détour d’une page de registre, je trouve des perles. Certains curés font des commentaires, d’autres des dessins, et d’autres encore poussent des coups de gueule assez sympas.

Ceillac est un village des Hautes-Alpes (05), posé tout seul au fond de sa vallée, juste à côté du Queyras. Il semblerait qu’y être curé n’était pas rigolo tous les jours… 😯

Je vous laisse apprécier cette petite prose, écrite entre un acte de baptême et une inhumation, en mai 1758… Attention, ça commence en français, et ça continue en latin.

Coup de gueule du curé de Ceillac, Mai 1758

Coup de gueule du curé de Ceillac, Mai 1758

N’étant pas latinophile (?), j’ai demandé de l’aide à FranceGenWeb Traductions, que je remercie. Voici la transcription m’a été proposée :

De mémoire d’homme, tous les prêtres, beaucoup de vicaires
et presque tous les curés  on fait naufrage in hac parochia, hoc
est, sustinuerunt multas persecutiones, et atrocia crimina
a parochianis illis imposita facere, propter hoc ex hac regione
fugam sollicito et successores mei si sapientes non multum
temporis debent hic morari, alioquin poenas debent, in quorum
fidem…

A. Fourtoul, pro-curé


Et la traduction :

De mémoire d’homme, tous les prêtres, beaucoup de vicaires
et presque tous les curés  on fait naufrage dans cette paroisse, à
savoir qu’ils se sont résignés à procéder à de nombreuses persécutions et accomplir d’atroces accusations
à eux imposées par les paroissiens; c’est pourquoi je cherche à fuir cette région,
et mes successeurs, s’ils sont sages, ne doivent pas
s’attarder longtemps ici, sous peine d’en devoir payer le prix;
en foi de quoi…

A. Fourtoul, pro-curé

ndlt: Seul problème réel : quel sens donnee à crimina : accusation ? méfait ? Comme ce curé reste vague et ne donne pas d’exemple de ce qu’il a été obligé de faire, il est difficile de trancher


Je ne sais pas ce qu’ils lui ont fait, mais apparamment, ce jour-là, il a passé une sacrée mauvaise journée !

Petite anecdote, ce même texte avait aussi été écrit dans l’exemplaire communal, mais il a été barré :

Version du registre communal

Version du registre communal


Mr André FORTOUL était curé à Ceillac depuis déjà 4 ans (depuis Juin 1754). Avant cette date, il y a servi comme vicaire, au moins depuis 1746. On peut donc raisonnablement penser qu’il savait de quoi il parlait…

Malheureusement, ses souhaits d’évasion n’ont pas été exaucés, puisqu’il est resté curé de la paroisse jusqu’à sa mort, le 22/03/1761, à l’âge de 42 ans. Il y a donc passé au moins 15 ans.

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Les AD31 s’améliorent

Page d'accès aux registres sur le site des AD31

Page d'accès aux registres sur le site des AD31

L’état-civil de la Haute-Garonne est en ligne depuis quelques mois, complet depuis quelques semaines. Malheureusement, le site était inexploitable depuis lors. Inaccessible la plupart du temps, extrêment lent le reste du temps. Problèmes techniques, ressources inadaptées, avec un mode de consultation des registres qui n’aidait pas. En effet, on téléchargeait un fichier unique, contenant parfois plusieurs centaines de pages. Un seul PDF pour quelques décénies d’actes.

Je l’avoue, au début, si j’ai été déroutée, j’ai finalement trouvé ça pratique pour moi. Une fois le fichier downloadé, on le sauve sur le disque dur, et on peut le consulter hors-ligne autant qu’on veut. On peut même l’apprendre par coeur si on en a envie 😀

Bon, évidemment, ce n’est sympa que pour les connexions à haut débit, ces fichiers pouvant peser plusieurs centaines de Mb. Et même là, il ne faut pas être pressé.

Mais ces transferts énormes, associés à une infrastructure qui n’était certainement pas prévue pour ça, ont rendu le site inexploitable, même avec la meilleure des volontés, dès que le nombre de communes est devenu un peu important. Un clic, et paf, on charge 100Mb de registre, parfois juste pour consulter un seul acte ! Je serais curieuse de voir les stats du site, et le volume cumulé téléchargé en un mois 1/2 !

A la décharge des AD, il me semble avoir lu quelque part que cette solution PDF a été mise en place temporairement, histoire de nous donner quand même nos chers registres, alors que la solution définitive n’arrivait pas à se mettre en place. Donc les AD ont mis en ligne les PDF, ceux-là même qui étaient gravés sur CD, avant, pour nous faire plaisir.

Bref. Ils ont quand même bien travaillé, et résolu une partie du problème. Dorénavant, les fichiers sont affichés page par page. Il n’est donc plus nécessaire d’attendre des heures que la totalité du 17è siècle se charge, et ensuite on navigue dans le registre “normalement”, chaque nouvelle page se chargeant à la demande, et pesant moins d’1Kb.

Avantages ? Ca va *beaucoup* plus vite, le site n’est plus engorgé, ou disons qu’on y accède sans trop trop de problèmes. On peut ne charger que quelques pages (quand on cherche un acte en 1727 dans un registre allant de 1713 à 1753, il est un chouilla inutile et pas super efficace de se taper toute la première moitié dudit registre).

Désavantage ? On ne peut plus sauvegarder le registre pour le consulter offline une fois téléchargé. Bon, si, on peut, mais c’est pas bien :p

Tout ça pour dire, merci les gens des AD31, voilà.