Réflexions et bidouillages généalogiques
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Marie SABATIER n’a pas eu une vie facile

J’ai passé mon après-midi à courir après mon ancêtre Marie Barbe SABATIER. Elle m’a réservé quelques surprises, et je l’ai perdue avant son décès.

Elle naît le 20/07/1739 à Bouchet, dans le sud de la Drôme, quatrième et dernière enfant de Jean Antoine SABATIER et Louise AVIAS. C’est au passage, la seule fille.


Acte de naissance de Marie Barbe SABATIER


Première surprise, son fils Jean Antoine FARRE, est posthume. Il nait le 18 Janvier 1766, fils légitime de feu Thomas.

En remontant un peu, la pauvre Marie a vécu une bien mauvaise année 1765 !

En mai, elle perd sa mère, Louise, à l’âge de 67 ans.

5 jours plus tard, c’est sa fille unique, Marguerite, qui décède, âgée de 8 mois. Relation de cause à effet ou pas, Marie est probablement enceinte de quelques semaines à ce moment-là.

Enfin, 3 mois après, en août, elle est enceinte d’environ quatre mois, quand elle perd son mari, Thomas.

Elle vient de fêter ses 26 ans.

Elle se remariera deux fois. La première fois, à 28 ans, avec Joseph ROUX, dont elle aura trois enfants.

De nouveau veuve à 36 ans, en 1775, elle a à sa charge quatre enfants de 18 mois, 4, 6 et 9 ans.

Malgré (ou à cause de ?) celà, elle attendra quelques  années avant de contracter à nouveau mariage en 1782, à l’âge de 42 ans, avec un homme qui vient de perdre sa première épouse (mais genre 4 mois avant) et qui a une petite fille de 18 mois, qui décèdera elle aussi 6 mois plus tard. Ce dernier mariage durera cette fois 30 ans.

Et c’est là que je la perds, après le décès de son troisième mari en 1812. Elle a passé sa vie dans son village natal, pour disparaître à 72 ans… à l’ère des tables décénales !

La lecture des BMS et autres actes d’état-civil ne laisse pas transparaître les émotions de nos ancêtres. Nous en sommes réduits à spéculer, à nous demander s’ils étaient amoureux de leur conjoint ou mariés de force, heureux ou pas dans leur vie de famille. Et parfois, on tombe sur des séries noires, où on ne peut qu’imaginer la souffrance d’une vie jalonnée de décès et de remariages.

Je me dis que c’est le lot du généalogiste, on s’attache (en tout cas moi) aux familles que l’on imagine à peu près heureuses, les familles nombreuses, où les liens sont serrés, où tous les cousins sont parrains et marraines des enfants des autres, où le grand-père déclare la naissance de tous ses petits-enfants sans exception. Ou alors à celles qui, comme Marie SABATIER, nous interpellent par les malheurs traversés. C’est pas la première fois, et je suppose que ça ne sera pas la dernière.

Qui a dit que la généalogie, c’était juste aligner des noms et des dates ??

Où est-ce ??

Scrogneugneu, deux heures que je cherche désespérement à identifier un lieu, après avoir cherché l’acte tout l’après-midi ! Alors avant de me taper la tête dans un mur, je fais appel à vous !

Acte de mariage de Thomas FARRE et Marie Barbe SABATIER, contracté le 14/06/1763 à Bouchet (26054). La mariée est originaire de Bouchet, pas le marié. Ce qui semble confirmé par leur acte de mariage :

(clic pour voir en plus grand)

Le curé mentionne l’attestation de non-opposition fournie par un autre curé, mais impossible de trouver ce lieu ! Debbours ? Gné ?

J’ai eu beau fouiller la carte de Cassini, la liste des communes (actuelles) de la Drôme et du Vaucluse, tout proche (merci Locom), je ne trouve rien qui corresponde de près ou de loin ! 👿

Heeeelp ? 😆


[Edit] FAR(R)E n’est pas un patronyme de Bouchet. Thomas FARRE est le seul, ou plutôt le premier. Il meurt 2 ans 1/2 après son mariage, et ne laissera derrière lui qu’un fils posthume, qui fera souche à Bouchet (mon ancêtre). Thomas n’est pas né à Bouchet, et je n’ai jamais rencontré le nom de MOULIN non plus.

Le curé de Bouchet se nomme PEYRACHE (très lisible dans les autres actes), ce qui ne correspond pas avec le nom du curé mentionné dans cet acte .

[Re-edit] On me souffle “Derboux“, hameau de Mondragon, Vaucluse. A vue de nez, c’est à 7 ou 8km de Bouchet à vol d’oiseau, juste pile de l’autre côté de la frontière départementale…  très exactement là : Derboux sur geoportail. Hmmmm…. c’est prometteur ! Sauf que, ben les archives du Vaucluse, elles sont pas en ligne !!!! C’est pas mon jour 😉

En tout cas merci à Isabelle PINTARD si elle passe par là. Si vous avez d’autres suggestions… je prends !