Réflexions et bidouillages généalogiques
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[Epine] Bad Boy

Note de début de post : voir les articles précédents ici, ici et ici.

Après 6 mois à me dire que non, je ne peux décemment pas demander de l’aide et prendre du temps aux bénévoles alors que j’habite à 2h du CAOM, j’ai fini par craquer, et demander le dossier de bagnard de Antoine Frédéric DUTHEIL au Fil d’Ariane. Demandé dimanche, reçu ce soir. La classe. Merci Serge !

Donc me voici en possession de ces quelques pages, pas grand chose, mais qui ôtent définitivement de mon arbre ZE épine, celle dont je pensais ne jamais pouvoir me débarrasser. Ce qu’il y a de merveilleux avec la généalogie, c’est que, quand on cherche, on trouve. Et quand on trouve, on n’a pas fini de chercher 😆

Il s’agit donc bien de “mon” disparu, mon SOSA 36, l’arrière-arrière-arrière-grand-père de mon papa. Il a été condamné plusieurs fois pour vol, la quatrième, le 10 juin 1854, fut celle de trop. Condamné le 8 août à 6 ans de travaux forcés, il arrive au bagne de Brest le 11 novembre, et est transporté à Cayenne à une date inconnue. Dans la foulée, je suppose.

Il est décédé le 18 septembre 1860, certainement à quelques semaines de sa libération.

Condamné pour vol

La justice du XIXè siècle ne plaisantait pas. Antoine Frédéric est un récidiviste.

  • Condamné à 1 mois de prison le 19/01/1847 pour vol
  • Condamné à 3 mois de prison le 29/11/1849 pour vol
  • Condamné à 1 an de prison le 04/11/1852
  • et enfin, condamné à 6 ans de travaux forcés le 08/08/1854 – il a alors 34 ans.

On note la progressivité des peines prononcées.

A la lecture des quelques informations contenues dans le dossier, il s’est rendu coupable de ce que l’on appellerait aujourd’hui un cambriolage avec effraction.

déclaré coupable d’avoir à hénouville commis une soustraction frauduleuse
à l’aide des circonstances suivantes : 1° à plusieurs, 2° dans une maison habitée, 3° à l’aide d’effraction extérieure dans une maison, 4° à l’aide d’escalade (?) dans une maison,
5° à l’aide d’effraction …(?) dans une maison

Bad Boy

Mais ce qui m’a surtout intéressée, c’est la description physique, et les différences notées entre celle du greffe, et celle du bagne. En effet, le condamné est décrit deux fois : une fois au départ, et une fois à l’arrivée. On imagine facilement la raison : éviter la “substitution” de personne.

Voici :

Signalement d'Antoine Frédéric DUTHEIL

L’officier du bagne semble être nettement plus précis que celui du greffe, ce qui se comprend. Front “courant”, sourcils joints, nez fort, grande bouche… pas très sexy ? Voyons les signes particuliers :

Marqué de petite vérole. Oreilles perçées. Tatoué sur la poitrine d’un vaisseau. Une cicatrice de …(?) sur le bras droit

Hum ((je vais adorer lire ça à mon père héhé))

Ces descriptions physiques sont précieuses pour le généalogiste qui ne se contente pas d’aligner noms et dates. On se rend compte qu’on se dresse un portrait “par défaut” de ses ancêtres, les miens sont toujours “normaux”, des paysans comme les autres. Jusqu’à ce que l’on tombe sur ce genre de description. Un tatouage sur la poitrine… ça vous transforme un “ancêtre” en être humain. Ca ouvre une petite fenêtre sur sa vraie vie, au-delà des actes d’état-civil. Reality check, comme disent les anglophones.

Mais… mais ?

Je n’en apprendrai pas beaucoup plus dans ce dossier. En revanche, ça me gratouille de plein de petites épines qui repoussent. Evidemment, on se demande pourquoi il a fait ça. Pour ça, il me faudra retrouver les jugements, quand les AD76 rouvriront l’année prochaine ((haaaaaaaan mais c’est loiiiiiiin !)). Une première approche évidente : la pauvreté. Antoine Frédéric DUTHEIL n’était pas riche, loin s’en faut. Il était journalier à Elbeuf. A son départ pour Cayenne, il était père de 6 enfants (il en avait déjà 2 lors de sa première condamnation). Sa famille vivait dans une de ces habitations où s’entassaient les ouvriers des filatures, avec ses beaux-parents. A sa mort, sa femme était indigente. A son mariage, son fils n’a apporté que ses habits.

Mais ce n’est pas là que ça gratouille *vraiment*. Rappelons que dans tous les actes que j’ai trouvés, il était dit disparu. Sans nouvelles, sans domicile connu. J’avais du mal à imaginer que sa famille n’ait pas été au courant de sa condamnation, et de sa mort, au bagne. Je pensais qu’ils préféraient le dire disparu, que bagnard, c’est moins lourd à porter.

Sauf que dans le dossier, Antoine Frédéric est dit célibataire à plusieurs reprises, de même que dans son acte de décès. Or, je suis absolument certaine que c’est bien lui (ses parents sont nommés, sa date et son lieu de naissance sont mentionnés). Alors ? Peut-on imaginer qu’il ait déclaré être célibataire, et que la justice l’ait cru et n’ait pas vérifié ? Peut-être avait-il déjà quitté le domicile familial depuis quelques temps, mais son dernier enfant était quand même à peine âgé d’un an 1/2, et il était connu de la justice.

Dans ce cas, pourquoi avoir menti ?

Divorcé ? Non, l’acte de décès de sa femme (en 1886) l’aurait mentionné (elle y est dite “femme de” et non pas “femme divorcée de” ou autre formule approchante).

Quoi qu’il en soit, ça pourrait expliquer que sa famille n’ait effectivement rien su de ce qu’il était advenu de lui. L’administration du bagne, le croyant célibataire et sans enfants, ne pouvait pas les prévenir de son décès. Ca fait tout drôle de se dire qu’ils auront passé un siècle 1/2 à se demander ce qui lui était arrivé, et que maintenant que je l’ai trouvé, je n’ai personne à qui le dire que ça pourrait intéresser :-( … ou soulager. Ou pas.

Prochaines étapes

  • D’abord, retrouver les 4 procès.
  • Trouver son éventuel dossier de passage à Brest (à ce sujet si un adhérent du CGF passe dans le coin… j’ai besoin d’aide :-))
  • Trouver son dossier militaire, s’il existe (pas de fiche pour 1840 à Brionne sur le site des AD27).
  • Trouver le décès de sa mère, et donc éventuellement son testament, qui peut être instructif si elle est décédée après 1854 ou 1860.
[Epine] Disparu… à Cayenne !

Je n’ai pas le temps, ni de faire des recherches, ni de blogger (ceci dit, du coup je n’ai pas grand chose à vous raconter).Mais ce matin, en lisant le post de Généinfos, je n’ai pas pu résister… la petite épine généalogique s’étant réveillée pour me piquer les pieds.

Direction donc… Cayenne. Les ANOM ayant mis en ligne une base nominative des bagnards (avant 1891).

Et là, que vois-je, que lis-je ? Qui trouve-je ? http://tinyurl.com/6fwjvqp



Fiche individuelle de bagnard, DUTHEIL Antoine Frédéric. (c) ANOM



Il semblerait donc que j’aie retrouvé mon disparu… Youpi ! (enfin, pas youpi pour lui). Comme j’ai de la chance, les ANOM ((du mal à ne plus dire CAOM)) sont à portée de RTT…. et j’ai bien besoin de vacances moi, là, d’un coup… 😆

Ce qui me semble un peu étrange, c’est que dans tous les actes que j’ai pu retrouver après 1854, Frédéric DUTHEIL est dit disparu, sans domicile connu. J’ai du mal à croire que la famille ne savait pas qu’il avait été condamné au bagne, ni qu’il y était mort en 1860. Si c’est bien lui, alors ça ressemble fort à un squelette dans le placard !!! On préfère dire qu’il a disparu plutôt que d’avouer qu’il est mort au bagne ?

La famille DUTHEIL x REVERT

Je vous avais fait part d’une de mes épines il y a quelques temps : la disparition de Frédéric DUTHEIL, en 1854 à Elbeuf.

Depuis ce post, je suis allée faire un tour aux AD76. Je n’ai pas retrouvé mon disparu, en revanche j’en sais plus sur sa famille, en ayant retrouvé tous ses enfants. La branche est aussi débloquée puisque j’ai son acte de mariage, et donc ses parents. Mais il est toujours disparu… :-(

Voici donc un petit update sur la famille DUTHEIL.

Rappel de l’épisode précédent :

Le 15 Avril 1880, Victor Frédéric DUTHEIL épouse Céline Désirée LEPAILLEUR, à Elbeuf (76).

Il est né le 2 mars 1852 à Elbeuf, de Frédéric DUTHEIL et de Tranquille Victoire REVERT. Sur l’acte de mariage, son père est déclaré comme étant « sans domicile connu » et « sans nouvelles depuis plus de 26 ans ».

Qu’est-il devenu ? tintintintin ((petite musique d’ambiance))

La famille de Frédéric

Tranquille Victoire REVERT décède à l’hospice d’Elbeuf le 29/03/1886. Sur son acte de décès est mentionné son mariage, à Saint-Pierre-des-Cercueils ((devenue depuis Saint-Pierre-des-Fleurs, nettement plus sympatique, comme nom)) (27) le 23/01/1843.

Cet acte m’apprendra que Frédéric, en réalité Antoine Frédéric, est né à Brionne (27) le 16/03/1820, où il demeure. Il est fils de Thomas, décédé le 12/05/1832 à Darnétal (76), et de Marie Rose MARIN. De là, en épluchant les TD de Saint-Pierre et d’Elbeuf, on retrouve tous leurs enfants, au nombre de 6 :

  • Constance Ambroisine : ° 07/12/1843 à St-Pierre-des-Cercueils, x Edouard COCQUEREL le 26/07/1864 à Elbeuf.
  • Emile Albert : ° 11/06/1845 à Elbeuf
  • Augustin Ernest : ° 21/08/1848 à Elbeuf
  • Salvina Rosalie : ° 04/06/1850 à Elbeuf
  • Victor Frédéric : ° 02/03/1852 à Elbeuf, x Céline Désirée LEPAILLEUR le 15/05/1880 à Elbeuf.
  • Joséphine Léonie : ° 19/03/1853 à Elbeuf.

De tout ce petit monde, je n’ai retrouvé qu’un seul mariage ((Elbeuf étant une assez grande ville, les TD sont… sympas, comme lecture)), celui de l’aînée, Constance Ambroisine. Dans cet acte, on apprend (ou pas) que son père est “absent d’Elbeuf, son dernier domicile connu, depuis l’année 1854, n’ayant pas donné de ses nouvelles depuis cette époque.” La mariée étant encore mineure, un acte de notoriété a dû être dressé, auprès du juge de paix d’Elbeuf, le 22/07/1864. Malheureusement, les archives du juge de paix sont extrêmement lacunaires, et ne contiennent sur cette période, que quelques documents, quasiment tous ayant trait à des sociétés. Raté.

Je n’apprendrai encore que deux choses :

  • Papa n’est pas très présent. Il ne déclare la naissance que de deux de ses enfants, en 1843 et 1848. Tous les autres seront déclarés par leur grand-père maternel et divers témoins et sage-femmes.
  • La famille à la fin du siècle est pauvre:
    • Tranquille Victoire REVERT décède à l’hospice d’Elbeuf, et les tables d’enregistrement montrent qu’elle ne laisse strictement rien derrière elle (biens du décédé = zéro francs).
    • Dans le contrat de mariage de Victor Frédéric, en 1880, le marié n’apporte à la communauté que “les habits, linges et hardes à son usage personnel”, estimés à 200F. Le trousseau de la mariée est estimé à 1721F.

Chronologie de la vie de Frédéric DUTHEIL

Juste pour avoir les idées plus claires 😉

  • 16/03/1820 : Naissance à Brionne
  • 1840 : Service militaire
  • 23/01/1843 : Mariage à Saint-Pierre-des-Cercueils (27) – Ouvrier de fabrique – Domicilié à Brionne.
  • 07/12/1843 : Naissance de Ambroisine Constance Saint-Pierre – Journalier – Domicilé à Saint-Pierre. Naissance déclarée par le père.
  • 11/06/1845 : Naissance d’Emile Albert à Elbeuf – Journalier – Domicilé à Elbeuf (rue des 3 cornets). Naissance déclarée par JB REVERT et la sage-femme.
  • 21/08/1848 : Naissance d’Augustin Ernest à Elbeuf – Journalier – Domicilié à Elbeuf (rue du Neubourg). Naissance déclarée par le père.
  • 05/06/1850 : Naissance de Salvina Rosalie à Elbeuf – Domicilié à Elbeuf (rue du Neubourg). Naissance déclarée par la sage-femme et JB REVERT.
  • 02/03/1852 : Naissance de Victor Frédéric à Elbeuf – Journalier – Domicilié à Elbeuf (rue Lefort). Naissance déclarée par la sage-femme et JB REVERT.
  • 21/03/1853 : Naissance de Joséphine Léonie à Elbeuf – Journalier – Domicilié à Elbeuf (rue Lefort). Naissance déclarée par le médecin et JB REVERT.
  • 1854 : Disparition
  • 26/07/1864 : Mariage de Constance Ambroisine à Elbeuf – “Absent d’Elbeuf, son dernier domicile connu, depuis l’année 1854, n’ayant pas donné de ses nouvelles depuis cette époque” – Acte de notoriété chez le juge de paix d’Elbeuf le 22/07/1864.
  • 15/05/1880 : Mariage de Victor Frédéric à Elbeuf – “sans domicile connu” – “sans nouvelles depuis plus de 26 ans”.
  • 29/03/1886 : Décès de Tranquille Victoire, sa femme – “sans domicile connu”.

Recherches à faire

  • Mariages des autres enfants du couple. Si l’un d’entre eux s’est marié en étant mineur, un autre acte de notoriété a pu être dressé. Avec un peu de chance, chez un notaire.
  • Dossier militaire d’Antoine Frédéric DUTHEIL (service en 1840).
  • Eventuellement, archives de la police en 1854, la disparition a bien dû être déclarée.
  • Pourquoi pas les journaux de 1854.
[Edit du 06/05/2011] Peut-être une piste ici ! Prochaine étape, le CAOM

Ex-épine généalogique

Après Sophie et David, je voulais vous présenter une petite épine généalogique. J’en ai tout un petit tas, celle-ci étant la première. Sauf qu’en rédigeant cet article, j’ai eu un éclair de génie, et hop ! Je l’ai trouvé :)  Ca fait juste… 5 ans que je le cherche, la réponse était sous mon nez, ou plutôt elle était dans ce que je n’avais pas pris la peine de regarder. Ca m’apprendra. Au pays du Mélèze ((dont les épines ne piquent pas, et qui les perd en hiver)), mon épine, finalement, ne pique plus 😉

Mais puisque l’article est écrit, laissez-moi donc vous présenter quand même Joseph Antoine CHASTAN, cultivateur à Guillestre (05) au XIXème siècle. Il y passera toute sa vie, pour finalement ne pas y mourir. C’est là que se situait l’épine… Où donc avait-il bien pu aller mourir, lui qui n’avait jamais quitté son village ?

Le petit Joseph Antoine nait donc à Guillestre, le 29 Septembre 1794 (8 vendémiaire an III). Il est le deuxième et dernier enfant d’Antoine et de Cécile FOURNIER. Sa soeur aînée, Marie Catherine, étant décédée à l’âge d’un an, en 1790. Il perd sa maman à l’âge de 5 ans.

Il grandit à Guillestre, entouré de ses demi-frères et demi-soeurs, et apprend à cultiver la terre, comme ses parents. A 20 ans, le 09/03/1815, après avoir servi dans l’armée de Napoléon ((ce que je sais car il a eu la  médaille de Sainte-Hélène, mais je n’ai pas encore recherché son dossier militaire)), il épouse Marie Magdeleine BRUN, jeune fille de Risoul, village voisin de Guillestre.

Joseph Antoine et Marie Magdeleine auront 10 enfants, dont 9 atteindront l’âge adulte. Tous nés à Guillestre, où leurs parents sont propriétaires :

  1. Jean Baptiste, ° 06/12/1816
  2. Jean, 07/10/1818 – 08/1820
  3. Joseph Antoine,  07/10/1818 – 06/05/1869 à Marseille
  4. Jean François, ° 12/01/1821
  5. Marie Magdeleine, 27/09/1822 – 06/03/1888
  6. Victoire Cécile, 08/03/1825 – 02/01/1803 à Robertville (Algérie)
  7. Catherine Cécile, 13/12/1827 – 03/06/1858 à Guillestre
  8. Hélène, 01/05/1830 – + après 1886 certainement en Algérie
  9. Jacques Louis Théofrède, 02/08/1832 – 15/09/1886 à Marseille
  10. Marie Catherine, 04/02/1835 – 11/07/1870 à Guillestre

Le 15/06/1835, Joseph Antoine est nommé adjoint au maire de Guillestre. Il sera maire du 15/08/1838 à 1841. Anecdote intéressante, c’est lui-même qui m’a appris tout ça, ayant écrit les dates importantes de sa vie sur une feuille de papier que j’ai eue grâce à une cousine, mais que je n’ai malheureusement pas scannée.

N’ayant jamais quitté Guillestre, il est facile de reconstituer la vie de la famille CHASTAN au long des NMD et autres actes notariés. Marie Magdeleine BRUN meurt, toujours à Guillestre, le 29/11/1850. Quelques jours avant, elle fait son testament, et les deux époux font enregistrer un jugement de séparation de leurs biens.

Après son veuvage, il reçoit la médaille de Sainte-Hélène (il est donc en vie en 1857), il est dit vivant lors du décès de sa fille Catherine Cécile en 1858.  Il est décédé lors du décès de son autre fille, Catherine, en 1870. Les matrices du cadastre m’apprendront qu’en 1863, l’ensemble de ses propriétés foncières, maison comprise, a été redistribué à ses enfants et beaux-enfants.

Et j’ai cherché, cherché, cherché. Epluché les tables cantonales, les notaires du canton. Je n’ai malheureusement rien trouvé dans les tables de succession. J’ai cherché en Algérie, où deux de ses filles se sont installées. A Marseille, où vivaient alors deux de ses fils ((mais vas-y pour trouver quelque chose dans les TD de Marseille)). J’y ai trouvé le décès de l’un d’eux, et même un neveu inconnu. Mais de Joseph Antoine, point.

Et ce matin… en écrivant cet article, et en me replongeant dans la famille, je me suis rendue compte, – grosse erreur de débutante – , il me manquait un acte à propos de ses enfants. L’acte de mariage de Catherine ((qui a épousé son beau-frère, d’ailleurs)).

QUOI ?

Hallucination. Moi, l’apôtre des collatéraux, la maniaque des familles complètes (point de salut si je n’ai pas la liste de tous les enfants de mes sosas, avec leurs mariages et si possible leurs décès), je n’avais pas l’acte de mariage de Catherine. Alors que je savais parfaitement où et quand elle s’est mariée, et avec qui.

La loose.

Et évidemment, la solution à mon épine s’y trouvait. Sinon c’est pas drôle.

Le 19 octobre 1860, donc, Marie Catherine CHASTAN, âgée de 25 ans, épouse son beau-frère, veuf de Catherine Cécile, sa soeur aînée, depuis deux ans. Son père, Joseph Antoine est absent, mais consentant. Il consent par acte notarié passé en l’étude de Maître GAUTHIER, à… Saint-Rémy-de-Provence !

Hop, direction le site des AD13, les TD de Saint-Rémy, et en moins de deux secondes, le voilà. Joseph Antoine CHASTAN est décédé le 29/01/1861 à l’asile Saint-Paul ((reste à savoir pour quelle raison il a été interné en asile psychiatrique. Je ne sais pas si les archives de l’asile sont publiques)). Pas de doute, c’est bien lui, puisque figurent dans l’acte de décès, le nom de ses parents, et sa date de naissance.

 




Acte de décès de Joseph Antoine CHASTAN le 29/01/1861 à Saint-Rémy-de-Provence. (c) AD13




Je ne sais même plus si je suis SUPER CONTENTE, ou trop énervée contre moi-même pour me réjouir.

Pour conclure, cette histoire prouve plusieurs choses :

  1. Je suis une truffe
  2. Une des règles d’or du généalogiste : ne jamais négliger les collatéraux, au moins les enfants. Ce sont bien souvent eux qui débloqueront la branche.
  3. Une autre règle d’or : croiser les sources, et surtout, toujours relire dix fois les infos dont on dispose déjà, et aller au bout de ses raisonnements. Là encore, bien souvent, les réponses sont sous notre nez.
Disparition : des pistes de recherche ?

Oyé oyé, bonnes gens ! Ceci est un appel à l’aide :mrgreen:

Le 15 Avril 1880, Victor Frédéric DUTHEIL épouse Céline Désirée LEPAILLEUR, à Elbeuf (76).

Il est né le 2 mars 1852 à Elbeuf, de Frédéric DUTHEIL et de Tranquille Victoire REVERT. Sur l’acte de mariage, son père est déclaré comme étant “sans domicile connu” et “sans nouvelles depuis plus de 26 ans”.

Il a donc disparu vers 1854, son fils étant alors âgé de plus ou moins 2 ans. Sympatique.

Je n’ai pas plus d’infos que ça, je n’ai même pas l’acte de mariage, juste un extrait établi par la (très super méga gentille) dame des Archives Municipales d’Elbeuf. Je m’en vais donc en premier lieu récupérer les divers actes d’état-civil possibles lors de ma visite aux AD76 :

  • L’acte de mariage du 15/05/1880, Elbeuf
  • L’acte de naissance du marié, le 02/03/1852, Elbeuf
  • Eventuellement son acte de décès, à une date inconnue, si besoin en rendant visite aux AM d’Elbeuf.
  • L’acte de mariage de Frédéric DUTHEIL et Tranquille REVERT, date et lieu inconnus
  • L’acte de décès de Tranquille REVERT, date et lieux inconnus. Je table aussi sur Elbeuf, ou La Bouille.

Et surtout, le contrat de mariage, passé le même jour 15/05/1880 à La Bouille (76). Je ne sais même pas quel est le lien entre cette famille et La Bouille.

Le jeune couple aura au moins une fille, née en 1881 à Elbeuf.

Là où j’ai besoin de vos conseils, c’est pour savoir vers où je pourrais me tourner, quelles “sources alternatives”, qui pourraient m’aider à trouver ce qu’il est advenu de Frédéric DUTHEIL… à part fouiller dans le notariat de La Bouille ou celui d’Elbeuf… Des idées ?

Où est-ce ??

Scrogneugneu, deux heures que je cherche désespérement à identifier un lieu, après avoir cherché l’acte tout l’après-midi ! Alors avant de me taper la tête dans un mur, je fais appel à vous !

Acte de mariage de Thomas FARRE et Marie Barbe SABATIER, contracté le 14/06/1763 à Bouchet (26054). La mariée est originaire de Bouchet, pas le marié. Ce qui semble confirmé par leur acte de mariage :

(clic pour voir en plus grand)

Le curé mentionne l’attestation de non-opposition fournie par un autre curé, mais impossible de trouver ce lieu ! Debbours ? Gné ?

J’ai eu beau fouiller la carte de Cassini, la liste des communes (actuelles) de la Drôme et du Vaucluse, tout proche (merci Locom), je ne trouve rien qui corresponde de près ou de loin ! 👿

Heeeelp ? 😆


[Edit] FAR(R)E n’est pas un patronyme de Bouchet. Thomas FARRE est le seul, ou plutôt le premier. Il meurt 2 ans 1/2 après son mariage, et ne laissera derrière lui qu’un fils posthume, qui fera souche à Bouchet (mon ancêtre). Thomas n’est pas né à Bouchet, et je n’ai jamais rencontré le nom de MOULIN non plus.

Le curé de Bouchet se nomme PEYRACHE (très lisible dans les autres actes), ce qui ne correspond pas avec le nom du curé mentionné dans cet acte .

[Re-edit] On me souffle “Derboux“, hameau de Mondragon, Vaucluse. A vue de nez, c’est à 7 ou 8km de Bouchet à vol d’oiseau, juste pile de l’autre côté de la frontière départementale…  très exactement là : Derboux sur geoportail. Hmmmm…. c’est prometteur ! Sauf que, ben les archives du Vaucluse, elles sont pas en ligne !!!! C’est pas mon jour 😉

En tout cas merci à Isabelle PINTARD si elle passe par là. Si vous avez d’autres suggestions… je prends !