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Morts d’épilepsie à Risoul (bis)

Mon précédent post a déclenché une petite discussion (voir les commentaires, et twitter) sur le fait qu’il s’agit ou non d’épilepsie. La répétition des cas tendant à faire douter Jordi et Merline de la véracité du diagnostic. D’autant que les deux cas présentés ne sont espacés que de six mois.

La théorie de Merline tient la route : l’ergot du seigle peut entraîner des convulsions qui pourraient être prises pour de l’épilepsie, et il peut entraîner la mort. Voir les articles de Wikipédia sur l’ergot du seigle, et sur l’ergotisme.

J’avoue que j’avais tendance à croire le curé au départ ((et peut-être que du coup j’irai au Paradis ;-))) mais en poursuivant ma lecture des registres de Risoul, j’en ai trouvé deux autres, cette fois en 1737 et 1743.

Décès de Joseph ESMIEU, le 12/08/1737, ~30 ans :



Décès de Joseph ESMIEU, 12/08/1737 à Risoul. (c) AD05



Le 13è aout 1737 j’ay enterré le
cadavre de joseph emieu agé
d’environ trente ans mort
le jour de hier dans sa maison
de la montagne par l’accident
du mal caduc ou appelé par
le commun mal de St jean, dans
lequel il tomboit souvent d’une manière
affreuse, dans lequel accident il s’étoit
brulé les mains dans un autre temps
ce qui l’a privé d’aucun secours spirituel
étant d’ailleurs très bon chrétien aux
présences des soussignés

Ici encore, comme pour Jeanne EYMAR en 1759, Joseph ESMIEU est dit épileptique notoire, et si je comprends bien, il s’était déjà brûlé les mains lors d’une précédente crise.

Second décès, 5 ans plus tard, celui de Jacques ALBRAND, le 28/06/1743 :

 


Décès de Jacques ALBRAND le 28/06/1743 à Risoul. (c) AD05


Jacques albrand fils de jean agé d’environ trente
ans est décédé le 28è juin 1743 dans un accident
du mal caduc et par conséquent privé des sacrements
des mourants mais ayant vécu en bon catholique
et satisfait a son devoir pascal, le père ayant
obtenu par requête qu’il fut enterré je lui ay
accordé la sépulture écclésiastique le 29è
du dit mois de juin le tout aux présences des
soussignés.

Il est évident que l’on ne saura jamais vraiment si tous ces gens étaient réellement épileptiques, ou s’il s’agit de convulsions dues à un élément extérieur. Ceci dit, dans deux cas sur les quatres, les crises n’étaient clairement pas les premières, et si on se brûle les mains une fois, on peut très bien tomber sur la tête une autre fois, et en mourir. Mais bon, l’épilepsie n’est pas contagieuse, et n’est que très rarement “familiale”.

4 cas en 23 ans, tous dans le même village (assez gros pour la région). Combien d’autres, le curé ne détaillant probablement que lorsqu’il n’a pu donner les sacrements pour cause de mort rapide ?