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Un peu de statistiques – bis

Suite à l’article sur l’âge moyen au décès, j’ai voulu refaire l’exercice, mais cette fois sans me limiter à ma lignée SOSA. A part ça, la sélection est la même. Mais cette fois, le panel est forcément plus large, donc certainement plus proche de la réalité, et permet aussi de voir un peu l’importance de la mortalité infantile au cours des siècles.

Sélection complète

Première sélection : tous les individus de mon fichier, pour lesquels je connait la date de naissance ou de baptême exacte, ainsi que la date de décès ou d’inhumation exacte. Soit un panel de 194 individus, dont 96 hommes et 98 femmes.


Longévité, fichier complet


Première chose qui saute aux yeux, c’est qu’ici aussi, les femmes meurent beaucoup plus jeunes que les hommes au 18ème siècle, l’écart se réduisant au 19ème, pour s’inverser au 20ème. Mais cette fois, l’âge au décès des femmes du 18ème siècle est très très faible. Explication au prochain chapitre !

J’ai d’abord été étonnée d’une longévité si peu élevée au 20ème siècle, sachant que ma famille a eu la chance, des deux côtés, de n’avoir que très peu, voire pas du tout, de morts au cours des grandes guerres du siècle (oui, je sais, ça mérite reflexion, du moins pour ma branche paternelle, l’autre côté ayant été “protégé” par le fait d’être en Algérie. Point de mort pour la France par chez moi.). Et puis je me suis rendue compte que parmi les personnes nées au 20ème siècle, la plupart sont soit encore en vie, soit exclus de ces stats car je ne connais pas leur date de décès exacte.

Bref, on a donc une moyenne sur 3 siècles de 41.88 ans. Gloups.

Décédés après 5 ans

Seconde sélection : les mêmes, mais décédés après 5 ans.


Longévité au-delà de l'âge de 5 ans


Grosse surprise, du moins pour moi : si l’on compare avec le tableau précédent, au 18ème siècle, plus de la moitié des femmes ont disparu. Ce qui veut dire que sur 31 naissances de filles, seules 14 ont dépassé l’âge de 5 ans. Pour les hommes la différence est un peu moins élevée, avec 9 garçons décédés avant 5 ans.

Petit bémol quand même : il est évident qu’en lecture systématique, ou avec les TD, il est nettement plus facile de trouver les dates exactes de naissance et de décès des enfants morts en bas âge, que de ceux qui atteignent l’âge adulte, ce qui fausse quand même un peu les statistiques. Surtout que du côté paternel, ils ont pas mal bougé au sein de leur région (Normandie au sens large), finissant pour la plupart en Seine-Maritime, dont les archives ne sont pas en ligne.

Evidemment, ça fait remonter drastiquement la moyenne… qui atteint cette fois 55.09 ans.

Adultes

Et enfin, toujours la même sélection, mais affinée pour ne retenir que les individus ayant atteint l’âge de 20 ans :

Longévité, plus de 20 ansOn retrouve des statistiques plus proche de celles du post précédent, ce qui somme toute est assez logique, avec une moyenne de 59.23 ans.

Individus ayant au moins un enfant

Pour finir, et pour me rapprocher le plus de la sélection du premier post, les individus ayant eu au moins un enfant, sans critère d’âge :

Longévité : individus ayant au moins un enfant

Ce qui nous donne une moyenne de 60.81 ans. Là encore, on remarque que les femmes, au fur et à mesure des progrès de la médecine et de l’hygiène général, rattrapent les hommes au fil des siècles, pour les dépasser allègrement au 20ème siècle et s’approcher de plus en plus des espérances de vie actuelles. Je rappelle que la longévité moyenne dans ce tableau, pour les hommes, n’est pas impactée par les guerres du siècle dernier.

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Un peu de statistiques

En réponse à David, puis à Valérie, j’ai moi aussi calculé l’âge moyen au décès de mes ancêtre directs. Ma sélection est la même :

  • Lignée SOSA
  • Individus dont la date de naissance ou de baptême est connue avec précision

Cette sélection donne donc la moyenne pour les individus ayant atteint l’âge adulte, et ayant eu au moins un enfant vivant.

Premières statistiques, reprenant mes deux branches, paternelle et maternelle, soit 76 ancêtres directs. J’ai volontairement exclu le 21ème siècle, qui n’a vu le décès “que” de ma grand-mère maternelle chérie, à l’âge de 93 ans 1/2.


Age au décès, lignée SOSA complète



38 hommes, 38 femmes. Le résultat semble correspondre à ceux trouvés par David et Valérie. Les femmes meurent en moyenne plus jeunes au 18ème siècle, puis rattrapent les hommes. Ceci dit, le faible nombre d’individus relativise le résultat. Heureusement, les nombres d’hommes et de femmes sont relativement proches. Sur le cumul, la moyenne totale est une espérance de vie de 61 ans tout rond !

Sur les 6 femmes décédées avant 1800, seulement deux sont mortes avant 50 ans :

  • Marie GUERIN (1734 – 1768), décédée à 34 ans. Son dernier enfant était alors âgé de 1 an et 3 mois, peut-être est-ce un décès “en couches” à la naissance d’un enfant mort-né et donc pas enregistré dans les registres de la paroisse ?
  • Magdeleine VASSEROT-MERLE (1716 – 1737), décédée quelques semaines avant son 22ème anniversaire, au Roux d’Abriès (05), dans une avalanche.

Pour finir, mes “extrêmes” :

  • La plus jeune est la même Magdeleine VASSEROT-MERLE, morte à 21 ans (1716 – 1737)
  • Le doyen est Claude AUDIER-MERLE, décédé lui aussi à Abriès (05), à l’âge de 94 ans (1729 – 1823). Pour la petite histoire, il est l’époux de la fille unique de Magdeleine.

Tous deux font partie de ma branche maternelle.


[Edit : grosse erreur de sélection, Magdeleine Vasserot-Merle n’est pas morte dans une avalanche, j’ai confondu avec une “presque homonyme”… Mea Culpa Beaucoupa…]
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Mortalité infantile et naissance d’un autre enfant

L’étude des registres paroissiaux permet bien souvent d’appréhender les divers aspects sociaux et économiques d’une société donnée. Lors de mes pérégrinations registresques, lorsque je prends le temps et la peine de lire (plus ou moins en diagonale) les actes sur plusieurs années, voir décennies, je remarque souvent le même “pattern” ((pardonnez l’anglicisme, le terme français ne me vient pas)) en ce qui concerne la mort des très jeunes enfants (disons jusqu’à deux ou trois ans).

En effet, il arrive souvent qu’un enfant meurt en bas âge, et que l’on trouve quelques semaines, quelques mois, voire quelques *jours* plus tard, la naissance d’un petit frère ou d’une petite soeur.

Au début, je n’y faisais pas attention, et puis au fur et à mesure, j’ai commencé à “repérer” un décès, et à m’attendre à trouver une naissance quelques pages plus loin. Voire, quand je cherchais une naissance, à chercher d’abord le décès du petit précédent… Le nombre de fois où j’ai tapé dans le mille me fait penser qu’il y a là une relation de cause à effet certaine.

Alors… pourquoi ? J’imagine qu’au 18ème siècle les enfants étaient allaités le plus tard possible. La survenue d’une grossesse implique l’arrêt de la lactation. Le sevrage un peu trop rapide serait-il à l’origine de la mort de l’enfant ?

Je n’ai pas encore creusé le sujet, mais je m’interroge… alors en attendant je pose la question au monde. Avez-vous remarqué ça ? Avez-vous une explication ? Ou est-ce que je suis complètement à côté de la plaque ?

Achiam : Maternité (Basalte)

Achiam : Maternité (Basalte)

(image trouvée sur Wikipedia, propriétaire Claude Villetaneuse, licence CC Paternité version 3.0 Unported)