Réflexions et bidouillages généalogiques
Category Archives: Ma généalogie
[Epine] Bad Boy

Note de début de post : voir les articles précédents ici, ici et ici.

Après 6 mois à me dire que non, je ne peux décemment pas demander de l’aide et prendre du temps aux bénévoles alors que j’habite à 2h du CAOM, j’ai fini par craquer, et demander le dossier de bagnard de Antoine Frédéric DUTHEIL au Fil d’Ariane. Demandé dimanche, reçu ce soir. La classe. Merci Serge !

Donc me voici en possession de ces quelques pages, pas grand chose, mais qui ôtent définitivement de mon arbre ZE épine, celle dont je pensais ne jamais pouvoir me débarrasser. Ce qu’il y a de merveilleux avec la généalogie, c’est que, quand on cherche, on trouve. Et quand on trouve, on n’a pas fini de chercher 😆

Il s’agit donc bien de “mon” disparu, mon SOSA 36, l’arrière-arrière-arrière-grand-père de mon papa. Il a été condamné plusieurs fois pour vol, la quatrième, le 10 juin 1854, fut celle de trop. Condamné le 8 août à 6 ans de travaux forcés, il arrive au bagne de Brest le 11 novembre, et est transporté à Cayenne à une date inconnue. Dans la foulée, je suppose.

Il est décédé le 18 septembre 1860, certainement à quelques semaines de sa libération.

Condamné pour vol

La justice du XIXè siècle ne plaisantait pas. Antoine Frédéric est un récidiviste.

  • Condamné à 1 mois de prison le 19/01/1847 pour vol
  • Condamné à 3 mois de prison le 29/11/1849 pour vol
  • Condamné à 1 an de prison le 04/11/1852
  • et enfin, condamné à 6 ans de travaux forcés le 08/08/1854 – il a alors 34 ans.

On note la progressivité des peines prononcées.

A la lecture des quelques informations contenues dans le dossier, il s’est rendu coupable de ce que l’on appellerait aujourd’hui un cambriolage avec effraction.

déclaré coupable d’avoir à hénouville commis une soustraction frauduleuse
à l’aide des circonstances suivantes : 1° à plusieurs, 2° dans une maison habitée, 3° à l’aide d’effraction extérieure dans une maison, 4° à l’aide d’escalade (?) dans une maison,
5° à l’aide d’effraction …(?) dans une maison

Bad Boy

Mais ce qui m’a surtout intéressée, c’est la description physique, et les différences notées entre celle du greffe, et celle du bagne. En effet, le condamné est décrit deux fois : une fois au départ, et une fois à l’arrivée. On imagine facilement la raison : éviter la “substitution” de personne.

Voici :

Signalement d'Antoine Frédéric DUTHEIL

L’officier du bagne semble être nettement plus précis que celui du greffe, ce qui se comprend. Front “courant”, sourcils joints, nez fort, grande bouche… pas très sexy ? Voyons les signes particuliers :

Marqué de petite vérole. Oreilles perçées. Tatoué sur la poitrine d’un vaisseau. Une cicatrice de …(?) sur le bras droit

Hum ((je vais adorer lire ça à mon père héhé))

Ces descriptions physiques sont précieuses pour le généalogiste qui ne se contente pas d’aligner noms et dates. On se rend compte qu’on se dresse un portrait “par défaut” de ses ancêtres, les miens sont toujours “normaux”, des paysans comme les autres. Jusqu’à ce que l’on tombe sur ce genre de description. Un tatouage sur la poitrine… ça vous transforme un “ancêtre” en être humain. Ca ouvre une petite fenêtre sur sa vraie vie, au-delà des actes d’état-civil. Reality check, comme disent les anglophones.

Mais… mais ?

Je n’en apprendrai pas beaucoup plus dans ce dossier. En revanche, ça me gratouille de plein de petites épines qui repoussent. Evidemment, on se demande pourquoi il a fait ça. Pour ça, il me faudra retrouver les jugements, quand les AD76 rouvriront l’année prochaine ((haaaaaaaan mais c’est loiiiiiiin !)). Une première approche évidente : la pauvreté. Antoine Frédéric DUTHEIL n’était pas riche, loin s’en faut. Il était journalier à Elbeuf. A son départ pour Cayenne, il était père de 6 enfants (il en avait déjà 2 lors de sa première condamnation). Sa famille vivait dans une de ces habitations où s’entassaient les ouvriers des filatures, avec ses beaux-parents. A sa mort, sa femme était indigente. A son mariage, son fils n’a apporté que ses habits.

Mais ce n’est pas là que ça gratouille *vraiment*. Rappelons que dans tous les actes que j’ai trouvés, il était dit disparu. Sans nouvelles, sans domicile connu. J’avais du mal à imaginer que sa famille n’ait pas été au courant de sa condamnation, et de sa mort, au bagne. Je pensais qu’ils préféraient le dire disparu, que bagnard, c’est moins lourd à porter.

Sauf que dans le dossier, Antoine Frédéric est dit célibataire à plusieurs reprises, de même que dans son acte de décès. Or, je suis absolument certaine que c’est bien lui (ses parents sont nommés, sa date et son lieu de naissance sont mentionnés). Alors ? Peut-on imaginer qu’il ait déclaré être célibataire, et que la justice l’ait cru et n’ait pas vérifié ? Peut-être avait-il déjà quitté le domicile familial depuis quelques temps, mais son dernier enfant était quand même à peine âgé d’un an 1/2, et il était connu de la justice.

Dans ce cas, pourquoi avoir menti ?

Divorcé ? Non, l’acte de décès de sa femme (en 1886) l’aurait mentionné (elle y est dite “femme de” et non pas “femme divorcée de” ou autre formule approchante).

Quoi qu’il en soit, ça pourrait expliquer que sa famille n’ait effectivement rien su de ce qu’il était advenu de lui. L’administration du bagne, le croyant célibataire et sans enfants, ne pouvait pas les prévenir de son décès. Ca fait tout drôle de se dire qu’ils auront passé un siècle 1/2 à se demander ce qui lui était arrivé, et que maintenant que je l’ai trouvé, je n’ai personne à qui le dire que ça pourrait intéresser :-( … ou soulager. Ou pas.

Prochaines étapes

  • D’abord, retrouver les 4 procès.
  • Trouver son éventuel dossier de passage à Brest (à ce sujet si un adhérent du CGF passe dans le coin… j’ai besoin d’aide :-))
  • Trouver son dossier militaire, s’il existe (pas de fiche pour 1840 à Brionne sur le site des AD27).
  • Trouver le décès de sa mère, et donc éventuellement son testament, qui peut être instructif si elle est décédée après 1854 ou 1860.
[Epine] Disparu… à Cayenne !

Je n’ai pas le temps, ni de faire des recherches, ni de blogger (ceci dit, du coup je n’ai pas grand chose à vous raconter).Mais ce matin, en lisant le post de Généinfos, je n’ai pas pu résister… la petite épine généalogique s’étant réveillée pour me piquer les pieds.

Direction donc… Cayenne. Les ANOM ayant mis en ligne une base nominative des bagnards (avant 1891).

Et là, que vois-je, que lis-je ? Qui trouve-je ? http://tinyurl.com/6fwjvqp



Fiche individuelle de bagnard, DUTHEIL Antoine Frédéric. (c) ANOM



Il semblerait donc que j’aie retrouvé mon disparu… Youpi ! (enfin, pas youpi pour lui). Comme j’ai de la chance, les ANOM ((du mal à ne plus dire CAOM)) sont à portée de RTT…. et j’ai bien besoin de vacances moi, là, d’un coup… 😆

Ce qui me semble un peu étrange, c’est que dans tous les actes que j’ai pu retrouver après 1854, Frédéric DUTHEIL est dit disparu, sans domicile connu. J’ai du mal à croire que la famille ne savait pas qu’il avait été condamné au bagne, ni qu’il y était mort en 1860. Si c’est bien lui, alors ça ressemble fort à un squelette dans le placard !!! On préfère dire qu’il a disparu plutôt que d’avouer qu’il est mort au bagne ?

Joyeux anniversaire, Noël !

Neigeait-il le jour de Noël de l’an 1768 en Mayenne, comme il y neige aujourd’hui ? Neige ou pas,  à Averton, ce jour là, on fêtait dignement ((ou pas)) l’anniversaire du petit Jésus. Mais ce jour-là, un autre événement ((bien plus important)) s’est produit. Elisabeth DOITTEAU, épouse de Michel TIREAU, mit au monde son troisième bébé. Un fils, encore. Naître le jour de Noël, c’est de bon augure, non ? Inutile de chercher bien loin, le petit s’appellera… Noël !

Je ne sais pas grand chose sur Noël TIREAU, hormis ce que l’état-civil m’a appris. Mais aujourd’hui, il a 242 ans, alors il méritait ce post. D’autant plus qu’il est assez cher à mon coeur de généalogiste car, si je me rappelle bien, il est le premier que j’ai retrouvé au 18ème siècle. Souvenez-vous, ça fait quelque chose, ça impressionne. Wow, 1768 ! ((C’était le 22/09/2003, les AD53 étaient en ligne depuis très peu de temps, les premières))

Noël, donc, est le troisième d’une fratrie de 6 enfants. Son père est tisserand et bordager à Averton, pas très loin de la frontière Sarthoise. Il grandira et épousera une jeune fille de Saint-Mars, juste à côté, Marie Magdeleine LINOT, le 29/01/1793. Ils auront une grande famille, 9 enfants. ((vécurent-ils heureux avec beaucoup d’enfants ? Mystère)). Noël sera tour à tour charron, cabarettier et charpentier.

Veuf à 57 ans, il se remarie à 59 avec une jeunette de 44 ans, et meurt, toujours à Averton, le 14/04/1836, à 67 ans. Il était mon SOSA n°68.

Voilà bien peu de choses, bien peu d’informations qui ne valent pas grand chose. Mais Noël, je te souhaite un très joyeux anniversaire :-)

La famille DUTHEIL x REVERT

Je vous avais fait part d’une de mes épines il y a quelques temps : la disparition de Frédéric DUTHEIL, en 1854 à Elbeuf.

Depuis ce post, je suis allée faire un tour aux AD76. Je n’ai pas retrouvé mon disparu, en revanche j’en sais plus sur sa famille, en ayant retrouvé tous ses enfants. La branche est aussi débloquée puisque j’ai son acte de mariage, et donc ses parents. Mais il est toujours disparu… :-(

Voici donc un petit update sur la famille DUTHEIL.

Rappel de l’épisode précédent :

Le 15 Avril 1880, Victor Frédéric DUTHEIL épouse Céline Désirée LEPAILLEUR, à Elbeuf (76).

Il est né le 2 mars 1852 à Elbeuf, de Frédéric DUTHEIL et de Tranquille Victoire REVERT. Sur l’acte de mariage, son père est déclaré comme étant « sans domicile connu » et « sans nouvelles depuis plus de 26 ans ».

Qu’est-il devenu ? tintintintin ((petite musique d’ambiance))

La famille de Frédéric

Tranquille Victoire REVERT décède à l’hospice d’Elbeuf le 29/03/1886. Sur son acte de décès est mentionné son mariage, à Saint-Pierre-des-Cercueils ((devenue depuis Saint-Pierre-des-Fleurs, nettement plus sympatique, comme nom)) (27) le 23/01/1843.

Cet acte m’apprendra que Frédéric, en réalité Antoine Frédéric, est né à Brionne (27) le 16/03/1820, où il demeure. Il est fils de Thomas, décédé le 12/05/1832 à Darnétal (76), et de Marie Rose MARIN. De là, en épluchant les TD de Saint-Pierre et d’Elbeuf, on retrouve tous leurs enfants, au nombre de 6 :

  • Constance Ambroisine : ° 07/12/1843 à St-Pierre-des-Cercueils, x Edouard COCQUEREL le 26/07/1864 à Elbeuf.
  • Emile Albert : ° 11/06/1845 à Elbeuf
  • Augustin Ernest : ° 21/08/1848 à Elbeuf
  • Salvina Rosalie : ° 04/06/1850 à Elbeuf
  • Victor Frédéric : ° 02/03/1852 à Elbeuf, x Céline Désirée LEPAILLEUR le 15/05/1880 à Elbeuf.
  • Joséphine Léonie : ° 19/03/1853 à Elbeuf.

De tout ce petit monde, je n’ai retrouvé qu’un seul mariage ((Elbeuf étant une assez grande ville, les TD sont… sympas, comme lecture)), celui de l’aînée, Constance Ambroisine. Dans cet acte, on apprend (ou pas) que son père est “absent d’Elbeuf, son dernier domicile connu, depuis l’année 1854, n’ayant pas donné de ses nouvelles depuis cette époque.” La mariée étant encore mineure, un acte de notoriété a dû être dressé, auprès du juge de paix d’Elbeuf, le 22/07/1864. Malheureusement, les archives du juge de paix sont extrêmement lacunaires, et ne contiennent sur cette période, que quelques documents, quasiment tous ayant trait à des sociétés. Raté.

Je n’apprendrai encore que deux choses :

  • Papa n’est pas très présent. Il ne déclare la naissance que de deux de ses enfants, en 1843 et 1848. Tous les autres seront déclarés par leur grand-père maternel et divers témoins et sage-femmes.
  • La famille à la fin du siècle est pauvre:
    • Tranquille Victoire REVERT décède à l’hospice d’Elbeuf, et les tables d’enregistrement montrent qu’elle ne laisse strictement rien derrière elle (biens du décédé = zéro francs).
    • Dans le contrat de mariage de Victor Frédéric, en 1880, le marié n’apporte à la communauté que “les habits, linges et hardes à son usage personnel”, estimés à 200F. Le trousseau de la mariée est estimé à 1721F.

Chronologie de la vie de Frédéric DUTHEIL

Juste pour avoir les idées plus claires 😉

  • 16/03/1820 : Naissance à Brionne
  • 1840 : Service militaire
  • 23/01/1843 : Mariage à Saint-Pierre-des-Cercueils (27) – Ouvrier de fabrique – Domicilié à Brionne.
  • 07/12/1843 : Naissance de Ambroisine Constance Saint-Pierre – Journalier – Domicilé à Saint-Pierre. Naissance déclarée par le père.
  • 11/06/1845 : Naissance d’Emile Albert à Elbeuf – Journalier – Domicilé à Elbeuf (rue des 3 cornets). Naissance déclarée par JB REVERT et la sage-femme.
  • 21/08/1848 : Naissance d’Augustin Ernest à Elbeuf – Journalier – Domicilié à Elbeuf (rue du Neubourg). Naissance déclarée par le père.
  • 05/06/1850 : Naissance de Salvina Rosalie à Elbeuf – Domicilié à Elbeuf (rue du Neubourg). Naissance déclarée par la sage-femme et JB REVERT.
  • 02/03/1852 : Naissance de Victor Frédéric à Elbeuf – Journalier – Domicilié à Elbeuf (rue Lefort). Naissance déclarée par la sage-femme et JB REVERT.
  • 21/03/1853 : Naissance de Joséphine Léonie à Elbeuf – Journalier – Domicilié à Elbeuf (rue Lefort). Naissance déclarée par le médecin et JB REVERT.
  • 1854 : Disparition
  • 26/07/1864 : Mariage de Constance Ambroisine à Elbeuf – “Absent d’Elbeuf, son dernier domicile connu, depuis l’année 1854, n’ayant pas donné de ses nouvelles depuis cette époque” – Acte de notoriété chez le juge de paix d’Elbeuf le 22/07/1864.
  • 15/05/1880 : Mariage de Victor Frédéric à Elbeuf – “sans domicile connu” – “sans nouvelles depuis plus de 26 ans”.
  • 29/03/1886 : Décès de Tranquille Victoire, sa femme – “sans domicile connu”.

Recherches à faire

  • Mariages des autres enfants du couple. Si l’un d’entre eux s’est marié en étant mineur, un autre acte de notoriété a pu être dressé. Avec un peu de chance, chez un notaire.
  • Dossier militaire d’Antoine Frédéric DUTHEIL (service en 1840).
  • Eventuellement, archives de la police en 1854, la disparition a bien dû être déclarée.
  • Pourquoi pas les journaux de 1854.
[Edit du 06/05/2011] Peut-être une piste ici ! Prochaine étape, le CAOM

Ex-épine généalogique

Après Sophie et David, je voulais vous présenter une petite épine généalogique. J’en ai tout un petit tas, celle-ci étant la première. Sauf qu’en rédigeant cet article, j’ai eu un éclair de génie, et hop ! Je l’ai trouvé :)  Ca fait juste… 5 ans que je le cherche, la réponse était sous mon nez, ou plutôt elle était dans ce que je n’avais pas pris la peine de regarder. Ca m’apprendra. Au pays du Mélèze ((dont les épines ne piquent pas, et qui les perd en hiver)), mon épine, finalement, ne pique plus 😉

Mais puisque l’article est écrit, laissez-moi donc vous présenter quand même Joseph Antoine CHASTAN, cultivateur à Guillestre (05) au XIXème siècle. Il y passera toute sa vie, pour finalement ne pas y mourir. C’est là que se situait l’épine… Où donc avait-il bien pu aller mourir, lui qui n’avait jamais quitté son village ?

Le petit Joseph Antoine nait donc à Guillestre, le 29 Septembre 1794 (8 vendémiaire an III). Il est le deuxième et dernier enfant d’Antoine et de Cécile FOURNIER. Sa soeur aînée, Marie Catherine, étant décédée à l’âge d’un an, en 1790. Il perd sa maman à l’âge de 5 ans.

Il grandit à Guillestre, entouré de ses demi-frères et demi-soeurs, et apprend à cultiver la terre, comme ses parents. A 20 ans, le 09/03/1815, après avoir servi dans l’armée de Napoléon ((ce que je sais car il a eu la  médaille de Sainte-Hélène, mais je n’ai pas encore recherché son dossier militaire)), il épouse Marie Magdeleine BRUN, jeune fille de Risoul, village voisin de Guillestre.

Joseph Antoine et Marie Magdeleine auront 10 enfants, dont 9 atteindront l’âge adulte. Tous nés à Guillestre, où leurs parents sont propriétaires :

  1. Jean Baptiste, ° 06/12/1816
  2. Jean, 07/10/1818 – 08/1820
  3. Joseph Antoine,  07/10/1818 – 06/05/1869 à Marseille
  4. Jean François, ° 12/01/1821
  5. Marie Magdeleine, 27/09/1822 – 06/03/1888
  6. Victoire Cécile, 08/03/1825 – 02/01/1803 à Robertville (Algérie)
  7. Catherine Cécile, 13/12/1827 – 03/06/1858 à Guillestre
  8. Hélène, 01/05/1830 – + après 1886 certainement en Algérie
  9. Jacques Louis Théofrède, 02/08/1832 – 15/09/1886 à Marseille
  10. Marie Catherine, 04/02/1835 – 11/07/1870 à Guillestre

Le 15/06/1835, Joseph Antoine est nommé adjoint au maire de Guillestre. Il sera maire du 15/08/1838 à 1841. Anecdote intéressante, c’est lui-même qui m’a appris tout ça, ayant écrit les dates importantes de sa vie sur une feuille de papier que j’ai eue grâce à une cousine, mais que je n’ai malheureusement pas scannée.

N’ayant jamais quitté Guillestre, il est facile de reconstituer la vie de la famille CHASTAN au long des NMD et autres actes notariés. Marie Magdeleine BRUN meurt, toujours à Guillestre, le 29/11/1850. Quelques jours avant, elle fait son testament, et les deux époux font enregistrer un jugement de séparation de leurs biens.

Après son veuvage, il reçoit la médaille de Sainte-Hélène (il est donc en vie en 1857), il est dit vivant lors du décès de sa fille Catherine Cécile en 1858.  Il est décédé lors du décès de son autre fille, Catherine, en 1870. Les matrices du cadastre m’apprendront qu’en 1863, l’ensemble de ses propriétés foncières, maison comprise, a été redistribué à ses enfants et beaux-enfants.

Et j’ai cherché, cherché, cherché. Epluché les tables cantonales, les notaires du canton. Je n’ai malheureusement rien trouvé dans les tables de succession. J’ai cherché en Algérie, où deux de ses filles se sont installées. A Marseille, où vivaient alors deux de ses fils ((mais vas-y pour trouver quelque chose dans les TD de Marseille)). J’y ai trouvé le décès de l’un d’eux, et même un neveu inconnu. Mais de Joseph Antoine, point.

Et ce matin… en écrivant cet article, et en me replongeant dans la famille, je me suis rendue compte, – grosse erreur de débutante – , il me manquait un acte à propos de ses enfants. L’acte de mariage de Catherine ((qui a épousé son beau-frère, d’ailleurs)).

QUOI ?

Hallucination. Moi, l’apôtre des collatéraux, la maniaque des familles complètes (point de salut si je n’ai pas la liste de tous les enfants de mes sosas, avec leurs mariages et si possible leurs décès), je n’avais pas l’acte de mariage de Catherine. Alors que je savais parfaitement où et quand elle s’est mariée, et avec qui.

La loose.

Et évidemment, la solution à mon épine s’y trouvait. Sinon c’est pas drôle.

Le 19 octobre 1860, donc, Marie Catherine CHASTAN, âgée de 25 ans, épouse son beau-frère, veuf de Catherine Cécile, sa soeur aînée, depuis deux ans. Son père, Joseph Antoine est absent, mais consentant. Il consent par acte notarié passé en l’étude de Maître GAUTHIER, à… Saint-Rémy-de-Provence !

Hop, direction le site des AD13, les TD de Saint-Rémy, et en moins de deux secondes, le voilà. Joseph Antoine CHASTAN est décédé le 29/01/1861 à l’asile Saint-Paul ((reste à savoir pour quelle raison il a été interné en asile psychiatrique. Je ne sais pas si les archives de l’asile sont publiques)). Pas de doute, c’est bien lui, puisque figurent dans l’acte de décès, le nom de ses parents, et sa date de naissance.

 




Acte de décès de Joseph Antoine CHASTAN le 29/01/1861 à Saint-Rémy-de-Provence. (c) AD13




Je ne sais même plus si je suis SUPER CONTENTE, ou trop énervée contre moi-même pour me réjouir.

Pour conclure, cette histoire prouve plusieurs choses :

  1. Je suis une truffe
  2. Une des règles d’or du généalogiste : ne jamais négliger les collatéraux, au moins les enfants. Ce sont bien souvent eux qui débloqueront la branche.
  3. Une autre règle d’or : croiser les sources, et surtout, toujours relire dix fois les infos dont on dispose déjà, et aller au bout de ses raisonnements. Là encore, bien souvent, les réponses sont sous notre nez.
A la recherche de Constant Parfait et Marie Rose


Depuis plusieurs années, j’étais bloquée sur un couple : Constant Parfait LEFEBVRE et Marie Rose BAZIN. Ils sont les parents de Marie Rose LEFEBVRE, ma sosa n°33. La petite Marie Rose nait le 8 Messidor an 13 (27/06/1805) à Sotteville-lès-Rouen (76). où ses parents sont domiciliés.

Après ça, le trou noir. Le mariage n’apparaît pas dans les TD de Sotteville, et il y a bien trop de LEFEBVRE dans le coin pour tenter de trouver les éventuels autres enfants, surtout à distance.

Le couple n’apparaît pas non plus sur Généanet, pas plus que sur Google. En revanche, je trouve assez facilement un autre Constant Parfait LEFEBVRE, né au Bosc-Roger-en-Roumois (27), et époux d’une certaine Marie Barbe COUTURIER. Ils se marient à Sotteville, tiens tiens, le 20 juillet 1793. Marie Barbe COUTURIER décède, toujours à Sotteville, le 10 ventôse an 12 (01/03/1804).

Est-ce le même ? A la naissance de Marie Rose, il est veuf depuis à peine plus d’un an. Moins neuf mois, ça donnerait quand même un remariage très rapide. Certes, c’est assez courant à cette époque, mais rien ne vient étayer cette hypothèse.

Profitant de mon voyage à Rouen, je décide de m’attaquer enfin à ce blocage. Je trouve pas mal d’actes d’état-civil mentionnant mon Constant Parfait. Il est souvent déclarant ou témoin des naissances et mariages de ses petits-enfants. En revanche, impossible de trouver son décès, ni celui de son épouse (je vous mets au défi d’éplucher les TD de Sotteville à la recherche d’un LEFEBVRE ou d’une BAZIN, noms communs s’il en est, et sur une période inconnue).

Mon salut viendra des recensements de 1836. Je me suis armée d’une pile de monnaie digne de Picsou, pour alimenter mon amie la machine à café, et c’est parti. A peine une grosse centaine de pages 😯 tout va bien !

Miracle, les voici, à la page 41 ! A cette date, la composition du ménage est assez simple :

  • Lefebvre Constant Parfait, toilier, 67 ans
  • Bazin Marie Rose, trameuse, 56 ans
  • Lefebvre Eléonore, dévideuse, 13 ans

Ouuuh, me dis-je, une fille tardive ! Et c’est en trouvant la naissance de la petite Eléonore, en 1822, que mon mystère s’est résolu d’un coup :

Source #687 - (c) AD76 - 5MI 2487

Ils se sont donc mariés le 22 floréal an XII (12/05/1804) à Saint-Etienne-du-Rouvray (76). L’acte de mariage m’apprendra qu’il s’agit bien du même Constant Parfait LEFEBVRE, fils d’Isaac et Marie Anne CARPENTIER, et veuf de Marie Barbe COUTURIER depuis à peine deux mois.

Reste à savoir s’il s’est remarié si vite parce qu’il avait un enfant en bas-âge qui avait besoin d’une autre maman, ou si la mort de sa première épouse est un crime passionnel pour pouvoir épouser la femme de chambre 😆

Pour résumer, quand on ne trouve pas, il faut continuer à chercher, et explorer les pistes parallèles. Les collatéraux d’abord, parfois jusqu’aux cousins, mais aussi ne pas oublier les recensements et autres tables de succession.

Ceci dit, j’ai eu de la chance que Marie Rose BAZIN ait eu un enfant à 43 ans, et je dis ça, mais je n’ai toujours pas retrouvé mes LAINE, moi !

Lapsus

Petit lapsus de l’officier de l’Etat–Civil, relevé dans un acte de mariage, à Caudebec-Lès-Elbeuf, en date du 21/08/1816 :


Acte de mariage REVERT x SAHEURS, Caudebec-Lès-Elbeuf, 1816. (c) AD76


… Joachim Revert agé de trente neuf ans tisserand

en cette commune oncle paternel de l’enfant époux, Michel

Etienne Luce agé de soixante quatorze and tisserand

au même lieu, ayeul maternel de l’enfant, ….

Evidemment, Michel Etienne est bien le grand-mère père ((telle est prise qui croyait prendre)) maternel de l’époux, et non pas de l’enfant, mais je trouve ça joli 😉

Disparition : des pistes de recherche ?

Oyé oyé, bonnes gens ! Ceci est un appel à l’aide :mrgreen:

Le 15 Avril 1880, Victor Frédéric DUTHEIL épouse Céline Désirée LEPAILLEUR, à Elbeuf (76).

Il est né le 2 mars 1852 à Elbeuf, de Frédéric DUTHEIL et de Tranquille Victoire REVERT. Sur l’acte de mariage, son père est déclaré comme étant “sans domicile connu” et “sans nouvelles depuis plus de 26 ans”.

Il a donc disparu vers 1854, son fils étant alors âgé de plus ou moins 2 ans. Sympatique.

Je n’ai pas plus d’infos que ça, je n’ai même pas l’acte de mariage, juste un extrait établi par la (très super méga gentille) dame des Archives Municipales d’Elbeuf. Je m’en vais donc en premier lieu récupérer les divers actes d’état-civil possibles lors de ma visite aux AD76 :

  • L’acte de mariage du 15/05/1880, Elbeuf
  • L’acte de naissance du marié, le 02/03/1852, Elbeuf
  • Eventuellement son acte de décès, à une date inconnue, si besoin en rendant visite aux AM d’Elbeuf.
  • L’acte de mariage de Frédéric DUTHEIL et Tranquille REVERT, date et lieu inconnus
  • L’acte de décès de Tranquille REVERT, date et lieux inconnus. Je table aussi sur Elbeuf, ou La Bouille.

Et surtout, le contrat de mariage, passé le même jour 15/05/1880 à La Bouille (76). Je ne sais même pas quel est le lien entre cette famille et La Bouille.

Le jeune couple aura au moins une fille, née en 1881 à Elbeuf.

Là où j’ai besoin de vos conseils, c’est pour savoir vers où je pourrais me tourner, quelles “sources alternatives”, qui pourraient m’aider à trouver ce qu’il est advenu de Frédéric DUTHEIL… à part fouiller dans le notariat de La Bouille ou celui d’Elbeuf… Des idées ?

Meurtre en Algérie

Ambroise Jules CRAMET est mon SOSA n°26, l’arrière-grand-père de ma maman. Il est né le 15/12/1856 à Robertville (Algérie), de Ambroise Joseph CRAMET et Angélique BONNEL. Il est leur cinquième et dernier enfant, pour autant que je sache (sa dernière soeur étant âgée de 12 ans à sa naissance, il est possible qu’il y en ait eu un ou deux autres, mais je ne les ai pas trouvés). Il est aussi le seul à être né en Algérie.

La famille est originaire du Pas-de-Calais, plus exactement Maisnil-les-Ruitz, et Hersin-Coupigny. Des Ch’tis au soleil ! Ils s’installent à Robertville en 1850, et le petit Ambroise Jules grandira dans une ferme agricole d’abord assez petite (10 hectares), puis agrandie par l’obtention d’une concession supplémentaire de 34 hectares en 1860.

Ambroise a 12 ans quand son père meurt, le 12/08/1868. C’est à 25 ans, le 08/04/1882, qu’il épouse Joséphine STRAUMANN, une jeune fille de 19 ans, originaire d’Alsace. Installé à Robertville, le couple aura 5 enfants, dont 4 filles :

  1. Gustave Victor, né le 24/02/1883, qui décèdera à l’âge de 2 ans 1/2, le 28/09/1885
  2. Jeanne Françoise, née le 20/03/1885, décédée le 09/03/1954 à Bône. C’est mon arrière-grand-mère.
  3. Angélique Marie, née le 08/07/1887, morte à 5 ans, le 03/08/1892
  4. Eugénie Joséphine, née le 21/01/1890, décédée le 21/03/1972 à Pau
  5. Claire Marie, née le 16/07/1892



Famille CRAMET vers 1900. De gauche à droite et de bas en haut : Joséphine STRAUMANN, Ambroise CRAMET, Jeanne CRAMET, Angélique BONNEL, Claire CRAMET, Eugénie CRAMET



Au cours de sa vie, Ambroise sera décoré de la médaille du mérite agricole, et élu maire de Robertville.

Le 30/11/1900, sa mère Angélique meurt à l’âge très respectable de 87 ans (d’autant plus respectable que les conditions de vie en Algérie à cette époque ne favorisaient pas une longévité importante…). Pour l’anecdote, c’est Ambroise, en tant que maire, qui écrira et signera l’acte de décès de sa mère :



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Source #647 : Décès d'Angélique BONNEL. Source : CAOM




En 1904, à 47 ans, Ambroise est un “colon agricole” établi, maire de sa commune, reconnu par ses administrés, à la tête d’une belle famille, avec trois filles âgées de 12, 14 et 19 ans. Un soir d’octobre, il s’apprête à rentrer chez lui, lorsque deux coups de feu retentissent et le tuent sur le coup.



Source #645 - Extrait du journal "La Croix de l'Algérie et de la Tunisie, n° 1050, du 13/10/1904, page 3". Source : Gallica



Il sera malheureusement très difficile, voire impossible d’en savoir plus. En effet, un non-lieu sera rendu quelques mois plus tard :



Source #646 : La Gazette Algérienne, numéro 1955, du 29/08/1905, page 2. Source : Gallica



Je savais depuis longtemps qu’il avait été assassiné. La légende familiale, qui m’a été récemment répétée par un cousin éloigné (un fils ou petit-fils d’une des deux autres filles d’Ambroise), dit, d’aussi loin que je m’en souvienne, qu’il a été, et je cite, “tué d’une balle dans le dos par un Arabe”. Malheureusement, je ne crois pas que j’arriverais à mettre un jour la main sur la décision de non-lieu, qui aurait – peut-être – pu m’éclairer un peu sur les éventuels suspects, ou sur l’enquête. Même si l’assassinat est prouvé par ces articles (et mon arrière-grand-mère, sa fille, que ma mère a connue), je me méfie des raccourcis, assez courants dans ce genre de “mémoire familiale” et de contexte. Si la justice n’a pas conclu à l’identité du tueur, je me garderais bien de le faire aussi.

Ceci dit, il semblerait qu’Ambroise CRAMET n’ait pas été le seul a être assassiné, dans la région : voir à ce sujet un article assez virulent dans le journal “Les annales africaines’, paru en 1910 (toujours sur Gallica). Là encore, point de mention de l’origine éventuelle des tueurs, et pourtant, souvent, dans ces journaux, ils ne se gênaient pas.

Un peu de statistiques

En réponse à David, puis à Valérie, j’ai moi aussi calculé l’âge moyen au décès de mes ancêtre directs. Ma sélection est la même :

  • Lignée SOSA
  • Individus dont la date de naissance ou de baptême est connue avec précision

Cette sélection donne donc la moyenne pour les individus ayant atteint l’âge adulte, et ayant eu au moins un enfant vivant.

Premières statistiques, reprenant mes deux branches, paternelle et maternelle, soit 76 ancêtres directs. J’ai volontairement exclu le 21ème siècle, qui n’a vu le décès “que” de ma grand-mère maternelle chérie, à l’âge de 93 ans 1/2.


Age au décès, lignée SOSA complète



38 hommes, 38 femmes. Le résultat semble correspondre à ceux trouvés par David et Valérie. Les femmes meurent en moyenne plus jeunes au 18ème siècle, puis rattrapent les hommes. Ceci dit, le faible nombre d’individus relativise le résultat. Heureusement, les nombres d’hommes et de femmes sont relativement proches. Sur le cumul, la moyenne totale est une espérance de vie de 61 ans tout rond !

Sur les 6 femmes décédées avant 1800, seulement deux sont mortes avant 50 ans :

  • Marie GUERIN (1734 – 1768), décédée à 34 ans. Son dernier enfant était alors âgé de 1 an et 3 mois, peut-être est-ce un décès “en couches” à la naissance d’un enfant mort-né et donc pas enregistré dans les registres de la paroisse ?
  • Magdeleine VASSEROT-MERLE (1716 – 1737), décédée quelques semaines avant son 22ème anniversaire, au Roux d’Abriès (05), dans une avalanche.

Pour finir, mes “extrêmes” :

  • La plus jeune est la même Magdeleine VASSEROT-MERLE, morte à 21 ans (1716 – 1737)
  • Le doyen est Claude AUDIER-MERLE, décédé lui aussi à Abriès (05), à l’âge de 94 ans (1729 – 1823). Pour la petite histoire, il est l’époux de la fille unique de Magdeleine.

Tous deux font partie de ma branche maternelle.


[Edit : grosse erreur de sélection, Magdeleine Vasserot-Merle n’est pas morte dans une avalanche, j’ai confondu avec une “presque homonyme”… Mea Culpa Beaucoupa…]

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