Réflexions et bidouillages généalogiques
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On peut tout faire avec un numéro SOSA

Note de début de post : Ce qui suit est très long, sans images, et complètement obscur. Pardonnez-moi.

Je fais partie de ce que Jordi appelle joliment les généageeks. En tant que telle, j’aime jouer avec ma généalogie, et je passe pas mal de temps à développer des applis (web) qui me permettent de faire des rapports, ou de combler les lacunes de mon logiciel (réelles ou pas). Récemment, j’ai commencé à me pencher sérieusement sur la numérotation SOSA. Celle-ci permet en particulier d’extraire uniquement les ascendants, et de connaître le sexe de telle ou telle personne. Elle permet aussi bien sûr de calculer sa place dans l’arbre, avec quelques calculs plus ou moins sympatiques à faire, et de remonter l’arbre.

Mais on est assez vite limité. Malgré celà, j’avais toujours cette idée derrière la tête qu’on pouvait aller plus loin. Eh bien on peut. Si vous gérez votre généalogie sur base de gedcom, ou avec un logiciel qui vous laisse libre accès à vos données, ça peut vous intéresser.

La numérotation SOSA classique

Rappel du fonctionnement : la racine de l’arbre (le de-cujus) porte le numéro 1. Ses ascendants sont numérotés de la façon suivante :

  • Père : 2
  • Mère : 3
  • Grand-père paternel : 4
  • Grand-mère paternelle : 5
  • Grand-père maternel : 6
  • Grand-mère maternelle : 7

Si l’on prend une personne portant le numéro (n), alors son père portera le numéro (n x 2) et sa mère le numéro ((n x 2) + 1). Pour des explications plus claires :-p et plus complètes, voir sur Wikipédia.

A partir de ces numéros, on peut extraire un certain nombre d’informations, selon que l’on est bon en maths ou pas. Entre autres, et à l’exception du de-cujus (numéro 1) :

  • Un homme aura un numéro pair
  • Une femme aura un numéro impair

Pour aller plus loin, il faut passer aux logarithmes (de base 2, pas décimaux) qui permettent d’obtenir le degré d’ascendance. Et là, très franchement, je ne me rappelle plus comment on fait – la Terminale est trop loin !

Le SOSA binaire

La numérotation classique se fait en décimal (base 10). C’est comme celà que nous comptons. Mais que se passe t-il si l’on convertit ces numéros en binaire (base 2) ?

On obtient des suites de 0 et de 1 parfaitement imbuvables, et encore plus longues qu’avant (bonjour génération 16 !). Certes.

Par exemple :

Génération Numéro SOSA Numéro SOSA en binaire Personne
1 1 1 Moi
2 2 10 Papa
2 3 11 Maman
3 4 100 Papi
3 5 101 Mamie
3 6 110 Pépé
3 6 111 Mémé

Vous allez me dire, oui, bon. Et à quoi ça sert ? Et puis comment je fais pour transformer mes numéros en binaire ?

A quoi ça sert

Déjà, personnellement, je trouve nettement plus joli. Mais c’est peut-être juste moi, hein. Déformation professionelle. Bref.

Quelques utilisations simples :

  • Pour trouver le numéro du sosa précédent (enfant), plus besoin de diviser par deux (après avoir enlevé un pour les femmes), il suffit de supprimer le dernier chiffre. Les ascendances et descendances sont plus faciles à déterminer, ne serait-ce que visuellement.
  • Les hommes portent un numéro se terminant par 0.
  • Les femmes portent un numéro se terminant par 1.

Jusque là, pas de grande différence à part la migraine. Mais ça devient plus intéressant. Mettons que vous racontiez la vie et l’oeuvre de Papi Jeannot, né en 1725, SOSA 392, à votre grande soeur.

A quelle branche appartient une personne ?

Branche paternelle ou maternelle ? Facile sur les premières générations, mais au bout d’un moment on ne sait plus sans avoir à se retaper tout son arbre. Eh bien, ici, facile :

  • Le numéro commence par 10 : branche paternelle.
  • Le numéro commence par 11 : branche maternelle.

Papi Jeannot, SOSA 110001000, c’est du côté de Maman. C’est d’abord pour trouver ça que je me suis penchée sur la question. Outre la possibilité de pouvoir répondre facilement à une question commune, celà permet de séparer un fichier facilement, ou d’afficher les données différemment. Utile quand on souhaite transmettre une seule branche à un cousin, par exemple.

Quelle génération ?

Bon, mais 1725, c’est loin. Quelle génération ? Facile, il suffit de compter le nombre de chiffres. Papi Jeannot, toujours SOSA 110001000, fait partie de la 9ème génération. Je vous laisse en déduire le nombre de “grand-grand-grand” à placer devant “Papi”.

Attention, ici je pars du principe que le de-cujus est la génération 1. Si vous partez plutôt de ses parents, il faut enlever un chiffre avant de compter.

La place dans l’arbre

Amusons-nous un peu. On a vu que les hommes sont marqués par un 0 à la fin. Les femmes par un 1. La suite de chiffres permet donc de savoir combien d’hommes, combien de femmes, et dans quel ordre, séparent une personne du de-cujus.

Exemple simple : mon SOSA 5 = 101. En prenant les chiffres un par un, je sais qu’il s’agit de ma grand-mère paternelle (moi + un homme + une femme).

Exemple plus compliqué : mon SOSA 52, autrement dit 110100, donc un homme, à la 6ème génération de ma branche maternelle. En prenant les chiffres un par un :

110100 = le de-cujus + une femme + un homme + une femme + un homme + un homme.

Il s’agit donc du père du père de la mère du père de ma mère. Comment ça vous n’y comprenez rien ? Le grand-père paternel de la grand-mère paternelle de Maman ? Non ? Toujours pas ? Bon en vrai c’est Ambroise CRAMET Senior 😉

C’est peut-être de la gymnastique de cerveau, mais c’est plus simple que de retrouver ça à partir de 52. Enfin je trouve.

Nombre de patronymes

(Duquel on déduira le nombre de mariages – ou de galipettes). Il suffit de compter le nombre de femmes – donc de 1. Dans l’exemple précédent, il y a deux femmes (le premier 1 est le de-cujus. Ca pourrait aussi bien être mon frère si j’en avais un). Donc deux changements de patronymes. Donc trois patronymes. Si. Je ne suis pas certaine de l’utilité de l’information, mais on ne sait jamais.

Evidemment ça suppose des enfants qui ont la bonne idée de porter le nom de leur père.

Changement de de-cujus

Maintenant que l’on peut exporter facilement une branche, ou pour une autre raison, on peut vouloir changer le de-cujus. Pour ce faire, pour chaque génération supprimée, retirer le second chiffre du numéro des ascendants.

Pour que Maman devienne le de-cujus, par exemple, il suffit de retirer le 1 qui se trouve en seconde position pour chacun de ses ancêtres. Pour que ce soit Papa, retirer le 0 qui se trouve en seconde position. Et ainsi de suite. Ca peut être particulièrement utile pour les calculs de parenté.

Transformer les numéros en binaire

Bon c’est bien joli tout ça, mais comment transformer un numéro SOSA de décimal en binaire ? Ça peut se faire à l’ancienne, c’est-à-dire manuellement. Vu que je n’ai JAMAIS réussi à m’en rappeler, même à la fac, je ne vous ferai pas l’affront de vous faire une démonstration. Il y a même une méthode avec les doigts de la main, mais même celle-là n’est jamais restée.

Donc on passe par un calculateur en ligne. Il en existe beaucoup, par exemple celui-ci : http://sebastienguillon.com/test/javascript/convertisseur.html. Ou on utilise sa vieille calculatrice scientifique du lycée.

MySQL et php

Pour les développeurs, MySQL propose deux fonctions pour obtenir ce numéro :

  • conv(n,10,2) : convertit le nombre n, qui est en base 10, vers la base 2.
  • bin(n) : idem

Exemple :

SELECT Sosa, BIN( SosaNum ) AS Binaire_bin, CONV( SosaNum, 10, 2 ) AS Binaire_conv 
       FROM `hrnumerossosa` 
       WHERE Generation < 5
       ORDER BY SosaNum

Résultat :

Sosa Binaire_bin Binaire_conv
1 1 1
2 10 10
3 11 11
4 100 100
5 101 101
6 110 110
7 111 111
8 1000 1000
9 1001 1001
10 1010 1010
11 1011 1011
12 1100 1100
13 1101 1101
14 1110 1110
15 1111 1111

Quant à php, on utilisera la fonction decbin(n) décrite ici.

Il y a certainement d’autres manières d’exploiter ces numérotations, n’hésitez pas si vous avez d’autres idées. En attendant, une aspirine et j’y retourne :)

Ptêt ben qu’oui, ptêt ben qu’non !

Une petite bizarrerie qui passait par là.

  • 30 Décembre 1819 à Brionne (27). Acte de naissance de Rosalie Joséphine DUTHEIL, née le 27 décembre. Fille de Louis François, 27 ans, et de Catherine PREVOST, 24 ans. Le père signe.
  • 1er Janvier 1820 à Brionne. Acte de naissance de… Rosalie Joséphine DUTHEIL, née le 29 décembre. Fille de Louis François, 28 ans, et de Catherine PREVOST, 24 ans. Le père déclare ne pas savoir signer.

Et là je me pose une question. Que s’est-il passé lors des fêtes de la nouvelle année 1820 à Brionne ? La gueule de bois du siècle.

Bon, je suis méchante. Il est toujours possible que deux Louis François DUTHEIL aient épousé deux Catherine PREVOST. Certainement en même temps. Et qu’ils aient eu assez d’humour pour appeler leurs filles de la même façon. Si. C’est possible. Soyez pas si méchants.

 

30/12/1818 - Naissance de Rosalie Joséphine DUTHEIL - (c) AD27

01/01/1820 - Naissance de Rosalie Joséphine DUTHEIL bis, 1ère page - (c) AD27

01/01/1820 - Naissance de Rosalie Joséphine DUTHEIL bis, 2ème page - (c) AD27

Crédits images : Archives Départementales de l’Eure – Côtes 8MI0857 et 8MI0858

[Epine] Bad Boy

Note de début de post : voir les articles précédents ici, ici et ici.

Après 6 mois à me dire que non, je ne peux décemment pas demander de l’aide et prendre du temps aux bénévoles alors que j’habite à 2h du CAOM, j’ai fini par craquer, et demander le dossier de bagnard de Antoine Frédéric DUTHEIL au Fil d’Ariane. Demandé dimanche, reçu ce soir. La classe. Merci Serge !

Donc me voici en possession de ces quelques pages, pas grand chose, mais qui ôtent définitivement de mon arbre ZE épine, celle dont je pensais ne jamais pouvoir me débarrasser. Ce qu’il y a de merveilleux avec la généalogie, c’est que, quand on cherche, on trouve. Et quand on trouve, on n’a pas fini de chercher 😆

Il s’agit donc bien de “mon” disparu, mon SOSA 36, l’arrière-arrière-arrière-grand-père de mon papa. Il a été condamné plusieurs fois pour vol, la quatrième, le 10 juin 1854, fut celle de trop. Condamné le 8 août à 6 ans de travaux forcés, il arrive au bagne de Brest le 11 novembre, et est transporté à Cayenne à une date inconnue. Dans la foulée, je suppose.

Il est décédé le 18 septembre 1860, certainement à quelques semaines de sa libération.

Condamné pour vol

La justice du XIXè siècle ne plaisantait pas. Antoine Frédéric est un récidiviste.

  • Condamné à 1 mois de prison le 19/01/1847 pour vol
  • Condamné à 3 mois de prison le 29/11/1849 pour vol
  • Condamné à 1 an de prison le 04/11/1852
  • et enfin, condamné à 6 ans de travaux forcés le 08/08/1854 – il a alors 34 ans.

On note la progressivité des peines prononcées.

A la lecture des quelques informations contenues dans le dossier, il s’est rendu coupable de ce que l’on appellerait aujourd’hui un cambriolage avec effraction.

déclaré coupable d’avoir à hénouville commis une soustraction frauduleuse
à l’aide des circonstances suivantes : 1° à plusieurs, 2° dans une maison habitée, 3° à l’aide d’effraction extérieure dans une maison, 4° à l’aide d’escalade (?) dans une maison,
5° à l’aide d’effraction …(?) dans une maison

Bad Boy

Mais ce qui m’a surtout intéressée, c’est la description physique, et les différences notées entre celle du greffe, et celle du bagne. En effet, le condamné est décrit deux fois : une fois au départ, et une fois à l’arrivée. On imagine facilement la raison : éviter la “substitution” de personne.

Voici :

Signalement d'Antoine Frédéric DUTHEIL

L’officier du bagne semble être nettement plus précis que celui du greffe, ce qui se comprend. Front “courant”, sourcils joints, nez fort, grande bouche… pas très sexy ? Voyons les signes particuliers :

Marqué de petite vérole. Oreilles perçées. Tatoué sur la poitrine d’un vaisseau. Une cicatrice de …(?) sur le bras droit

Hum ((je vais adorer lire ça à mon père héhé))

Ces descriptions physiques sont précieuses pour le généalogiste qui ne se contente pas d’aligner noms et dates. On se rend compte qu’on se dresse un portrait “par défaut” de ses ancêtres, les miens sont toujours “normaux”, des paysans comme les autres. Jusqu’à ce que l’on tombe sur ce genre de description. Un tatouage sur la poitrine… ça vous transforme un “ancêtre” en être humain. Ca ouvre une petite fenêtre sur sa vraie vie, au-delà des actes d’état-civil. Reality check, comme disent les anglophones.

Mais… mais ?

Je n’en apprendrai pas beaucoup plus dans ce dossier. En revanche, ça me gratouille de plein de petites épines qui repoussent. Evidemment, on se demande pourquoi il a fait ça. Pour ça, il me faudra retrouver les jugements, quand les AD76 rouvriront l’année prochaine ((haaaaaaaan mais c’est loiiiiiiin !)). Une première approche évidente : la pauvreté. Antoine Frédéric DUTHEIL n’était pas riche, loin s’en faut. Il était journalier à Elbeuf. A son départ pour Cayenne, il était père de 6 enfants (il en avait déjà 2 lors de sa première condamnation). Sa famille vivait dans une de ces habitations où s’entassaient les ouvriers des filatures, avec ses beaux-parents. A sa mort, sa femme était indigente. A son mariage, son fils n’a apporté que ses habits.

Mais ce n’est pas là que ça gratouille *vraiment*. Rappelons que dans tous les actes que j’ai trouvés, il était dit disparu. Sans nouvelles, sans domicile connu. J’avais du mal à imaginer que sa famille n’ait pas été au courant de sa condamnation, et de sa mort, au bagne. Je pensais qu’ils préféraient le dire disparu, que bagnard, c’est moins lourd à porter.

Sauf que dans le dossier, Antoine Frédéric est dit célibataire à plusieurs reprises, de même que dans son acte de décès. Or, je suis absolument certaine que c’est bien lui (ses parents sont nommés, sa date et son lieu de naissance sont mentionnés). Alors ? Peut-on imaginer qu’il ait déclaré être célibataire, et que la justice l’ait cru et n’ait pas vérifié ? Peut-être avait-il déjà quitté le domicile familial depuis quelques temps, mais son dernier enfant était quand même à peine âgé d’un an 1/2, et il était connu de la justice.

Dans ce cas, pourquoi avoir menti ?

Divorcé ? Non, l’acte de décès de sa femme (en 1886) l’aurait mentionné (elle y est dite “femme de” et non pas “femme divorcée de” ou autre formule approchante).

Quoi qu’il en soit, ça pourrait expliquer que sa famille n’ait effectivement rien su de ce qu’il était advenu de lui. L’administration du bagne, le croyant célibataire et sans enfants, ne pouvait pas les prévenir de son décès. Ca fait tout drôle de se dire qu’ils auront passé un siècle 1/2 à se demander ce qui lui était arrivé, et que maintenant que je l’ai trouvé, je n’ai personne à qui le dire que ça pourrait intéresser :-( … ou soulager. Ou pas.

Prochaines étapes

  • D’abord, retrouver les 4 procès.
  • Trouver son éventuel dossier de passage à Brest (à ce sujet si un adhérent du CGF passe dans le coin… j’ai besoin d’aide :-))
  • Trouver son dossier militaire, s’il existe (pas de fiche pour 1840 à Brionne sur le site des AD27).
  • Trouver le décès de sa mère, et donc éventuellement son testament, qui peut être instructif si elle est décédée après 1854 ou 1860.
[Epine] Disparu… à Cayenne !

Je n’ai pas le temps, ni de faire des recherches, ni de blogger (ceci dit, du coup je n’ai pas grand chose à vous raconter).Mais ce matin, en lisant le post de Généinfos, je n’ai pas pu résister… la petite épine généalogique s’étant réveillée pour me piquer les pieds.

Direction donc… Cayenne. Les ANOM ayant mis en ligne une base nominative des bagnards (avant 1891).

Et là, que vois-je, que lis-je ? Qui trouve-je ? http://tinyurl.com/6fwjvqp



Fiche individuelle de bagnard, DUTHEIL Antoine Frédéric. (c) ANOM



Il semblerait donc que j’aie retrouvé mon disparu… Youpi ! (enfin, pas youpi pour lui). Comme j’ai de la chance, les ANOM ((du mal à ne plus dire CAOM)) sont à portée de RTT…. et j’ai bien besoin de vacances moi, là, d’un coup… 😆

Ce qui me semble un peu étrange, c’est que dans tous les actes que j’ai pu retrouver après 1854, Frédéric DUTHEIL est dit disparu, sans domicile connu. J’ai du mal à croire que la famille ne savait pas qu’il avait été condamné au bagne, ni qu’il y était mort en 1860. Si c’est bien lui, alors ça ressemble fort à un squelette dans le placard !!! On préfère dire qu’il a disparu plutôt que d’avouer qu’il est mort au bagne ?

Joyeux anniversaire, Noël !

Neigeait-il le jour de Noël de l’an 1768 en Mayenne, comme il y neige aujourd’hui ? Neige ou pas,  à Averton, ce jour là, on fêtait dignement ((ou pas)) l’anniversaire du petit Jésus. Mais ce jour-là, un autre événement ((bien plus important)) s’est produit. Elisabeth DOITTEAU, épouse de Michel TIREAU, mit au monde son troisième bébé. Un fils, encore. Naître le jour de Noël, c’est de bon augure, non ? Inutile de chercher bien loin, le petit s’appellera… Noël !

Je ne sais pas grand chose sur Noël TIREAU, hormis ce que l’état-civil m’a appris. Mais aujourd’hui, il a 242 ans, alors il méritait ce post. D’autant plus qu’il est assez cher à mon coeur de généalogiste car, si je me rappelle bien, il est le premier que j’ai retrouvé au 18ème siècle. Souvenez-vous, ça fait quelque chose, ça impressionne. Wow, 1768 ! ((C’était le 22/09/2003, les AD53 étaient en ligne depuis très peu de temps, les premières))

Noël, donc, est le troisième d’une fratrie de 6 enfants. Son père est tisserand et bordager à Averton, pas très loin de la frontière Sarthoise. Il grandira et épousera une jeune fille de Saint-Mars, juste à côté, Marie Magdeleine LINOT, le 29/01/1793. Ils auront une grande famille, 9 enfants. ((vécurent-ils heureux avec beaucoup d’enfants ? Mystère)). Noël sera tour à tour charron, cabarettier et charpentier.

Veuf à 57 ans, il se remarie à 59 avec une jeunette de 44 ans, et meurt, toujours à Averton, le 14/04/1836, à 67 ans. Il était mon SOSA n°68.

Voilà bien peu de choses, bien peu d’informations qui ne valent pas grand chose. Mais Noël, je te souhaite un très joyeux anniversaire :-)

Trouvé dans les registres : si on peut même plus dîner tranquille !

C’est un peu la fête dans les registres de Risoul. Cette fois, nous sommes le 8 mai 1737, et le curé nous explique pourquoi le pauvre André MAUREL, mort la veille, n’a pas pu recevoir les derniers sacrements.



Décès d'André MAUREL le 07/05/1737 à Risoul. (c) AD05



André Maurel agé d’environ soixante cinq
ans est décédé le septième may 1737 ayant fait
ses paques depuis sept jours, étant mort sans
maladie, cette mort si prompte a surpris tous
les parents et voisins, quoique dans un gros
village les parents et voisins ont plutôt ???
la mort que la maladie. Joseph Maurel son
frère m’a envoyé son gendre neveu du
malade le même jour à midi à qui j’ai
demandé si on oncle étoit dangereux d’aller
voir le vicaire, qui s’est trouvé à Guillestre
il m’a dit que son oncle n’avoit pris mal que
le même jour le matin, que j’avois du temps
pour dîner et d’y aller dans le jour. Je l’ai
chargé de me faire vite accourir si le malade
pressoit, que ma monture seroit dans un moment
chez moi, nous nous sommes mis à table pour
manger la soupe avec monsieur Daguerre
major pour le Roy au Montdauphin et monsieur
Petit son neveu capitaine aide major ?
au régiment de St Martin, étant à table
un second exprès m’a dit que le mal augmentait? moi
sur le champs je suis parti et quitté table
il a été mort avant que je suis arrivé au
village auquel je n’aurois pu arriver à pied
même sans diner par le premier ? les
soussignés sont témoins du fait, l’ayant enterré
le huitième du susdit mois.

Pas de chance… mort sans préavis, alors que le vicaire était absent, que le curé n’avait pas son cheval à la maison, et qu’en plus il avait des invités (quoiqu’il précise bien que, sans cheval, il ne serait jamais arrivé à temps, même s’il n’avait pas pris le temps de manger avant de partir).

Restent quelques inconnues, d’abord, que signifie exactement “si le malade était dangereux, d’aller voir le vicaire” ? Dangereux au sens propre, ou “en danger” ?

Et ensuite, si quelqu’un peut me dire quel mot manque dans la phrase “quoique dans un gros village les parents et voisins ont plutôt ??? la mort que la maladie” ?

PS : Sinon j’ai aussi le baptême et l’enterrement d’un bébé sorti du ventre de sa mère décédée à six mois de grossesse, si ça vous intéresse ??

Morts d’épilepsie à Risoul (bis)

Mon précédent post a déclenché une petite discussion (voir les commentaires, et twitter) sur le fait qu’il s’agit ou non d’épilepsie. La répétition des cas tendant à faire douter Jordi et Merline de la véracité du diagnostic. D’autant que les deux cas présentés ne sont espacés que de six mois.

La théorie de Merline tient la route : l’ergot du seigle peut entraîner des convulsions qui pourraient être prises pour de l’épilepsie, et il peut entraîner la mort. Voir les articles de Wikipédia sur l’ergot du seigle, et sur l’ergotisme.

J’avoue que j’avais tendance à croire le curé au départ ((et peut-être que du coup j’irai au Paradis ;-))) mais en poursuivant ma lecture des registres de Risoul, j’en ai trouvé deux autres, cette fois en 1737 et 1743.

Décès de Joseph ESMIEU, le 12/08/1737, ~30 ans :



Décès de Joseph ESMIEU, 12/08/1737 à Risoul. (c) AD05



Le 13è aout 1737 j’ay enterré le
cadavre de joseph emieu agé
d’environ trente ans mort
le jour de hier dans sa maison
de la montagne par l’accident
du mal caduc ou appelé par
le commun mal de St jean, dans
lequel il tomboit souvent d’une manière
affreuse, dans lequel accident il s’étoit
brulé les mains dans un autre temps
ce qui l’a privé d’aucun secours spirituel
étant d’ailleurs très bon chrétien aux
présences des soussignés

Ici encore, comme pour Jeanne EYMAR en 1759, Joseph ESMIEU est dit épileptique notoire, et si je comprends bien, il s’était déjà brûlé les mains lors d’une précédente crise.

Second décès, 5 ans plus tard, celui de Jacques ALBRAND, le 28/06/1743 :

 


Décès de Jacques ALBRAND le 28/06/1743 à Risoul. (c) AD05


Jacques albrand fils de jean agé d’environ trente
ans est décédé le 28è juin 1743 dans un accident
du mal caduc et par conséquent privé des sacrements
des mourants mais ayant vécu en bon catholique
et satisfait a son devoir pascal, le père ayant
obtenu par requête qu’il fut enterré je lui ay
accordé la sépulture écclésiastique le 29è
du dit mois de juin le tout aux présences des
soussignés.

Il est évident que l’on ne saura jamais vraiment si tous ces gens étaient réellement épileptiques, ou s’il s’agit de convulsions dues à un élément extérieur. Ceci dit, dans deux cas sur les quatres, les crises n’étaient clairement pas les premières, et si on se brûle les mains une fois, on peut très bien tomber sur la tête une autre fois, et en mourir. Mais bon, l’épilepsie n’est pas contagieuse, et n’est que très rarement “familiale”.

4 cas en 23 ans, tous dans le même village (assez gros pour la région). Combien d’autres, le curé ne détaillant probablement que lorsqu’il n’a pu donner les sacrements pour cause de mort rapide ?

Morts d’épilepsie à Risoul

En l’espace de quelques mois, deux jeunes adultes de Risoul, village des Hautes-Alpes aux portes du Queyras, sont morts suite à des crises d’épilepsie :

Le 24/09/1759, décès de Jeanne EYMAR, ~22 ans :





Décès de Jeanne EYMAR le 24/09/1759 à Risoul. (c) AD05






Jeanne Eymar fille de Jean et de anne maurel
de la paroisse de Risoul agée d’environ vingt deux
ans, atteinte depuis plusieurs années du mal d’épilepsie
appellée autrement le haut mal ou le mal caduc
se trouvant a garder les bestiaux au dessus l’hameau
du Collet, a été attaquée de cet accident et dans l’instant
elle a été portée dans sa maison par sa mere et le secours
de Sébastien Sibourd fils de Sébastien, ou ayant vécu encore
l’espace de trois heures, est enfin décédée, scavoir le
vingt-quatre septembre mil sept cents conquante neuf
et son corps a été inhumé (renvoi) dans le cimetière de l’église
paroissialle présents les soussignés et autres du présent
lieu (renvoi :) le vingt cinq du même mois et an que dessus


Et le 29/05/1760, décès de Nicolas GARNIER, ~24 ans :






Décès de Nicolas Garnier le 29/05/1760 à Risoul. (c) AD05






nicolas garnier feu jacques de la paroisse de Risoul
agé d’environ vingt quatre ans est mort d’un accident
d’épilepsie ou autrement dit mal caduc au cartier appellé
Serre Contier n’ayant pû recevoir les sacrements
scavoir le vingt neuf du mois de may mil sept cents
soixante, et par permission de Mr Allard juge des
Chateaux Archiepiscopaux de l’Embrunais et de Mr Allard
son fils procureur fiscal, couchée au bas du verbal
dressé par Sr Jean Baptiste Argensat chatelain dudit lieu
en datte du vingt neuf dudit mois, Luy avons donné la
sépulture eclésiastique le trente dudit mois
et an que dessus presents, Jean garnier son frère,
françois garnier son autre frère, Claude garnier,
Jean-Baptiste maurel et autres soussignés tous du
présent lieu.

Edit du 20/11 : voir sur la suite de cet article ici.

Trouvé dans les registres : inadvertance de l’écrivain

Dans la série des trucs rigolos trouvés dans les registres, une petite note du curé de Risoul (05) en février 1766, qui essayait d’économiser le papier et d’éviter les fausses factures faux actes rajoutés :


Source : AD05 - 2E 124/2 (2ème lot), page 20


La famille DUTHEIL x REVERT

Je vous avais fait part d’une de mes épines il y a quelques temps : la disparition de Frédéric DUTHEIL, en 1854 à Elbeuf.

Depuis ce post, je suis allée faire un tour aux AD76. Je n’ai pas retrouvé mon disparu, en revanche j’en sais plus sur sa famille, en ayant retrouvé tous ses enfants. La branche est aussi débloquée puisque j’ai son acte de mariage, et donc ses parents. Mais il est toujours disparu… :-(

Voici donc un petit update sur la famille DUTHEIL.

Rappel de l’épisode précédent :

Le 15 Avril 1880, Victor Frédéric DUTHEIL épouse Céline Désirée LEPAILLEUR, à Elbeuf (76).

Il est né le 2 mars 1852 à Elbeuf, de Frédéric DUTHEIL et de Tranquille Victoire REVERT. Sur l’acte de mariage, son père est déclaré comme étant « sans domicile connu » et « sans nouvelles depuis plus de 26 ans ».

Qu’est-il devenu ? tintintintin ((petite musique d’ambiance))

La famille de Frédéric

Tranquille Victoire REVERT décède à l’hospice d’Elbeuf le 29/03/1886. Sur son acte de décès est mentionné son mariage, à Saint-Pierre-des-Cercueils ((devenue depuis Saint-Pierre-des-Fleurs, nettement plus sympatique, comme nom)) (27) le 23/01/1843.

Cet acte m’apprendra que Frédéric, en réalité Antoine Frédéric, est né à Brionne (27) le 16/03/1820, où il demeure. Il est fils de Thomas, décédé le 12/05/1832 à Darnétal (76), et de Marie Rose MARIN. De là, en épluchant les TD de Saint-Pierre et d’Elbeuf, on retrouve tous leurs enfants, au nombre de 6 :

  • Constance Ambroisine : ° 07/12/1843 à St-Pierre-des-Cercueils, x Edouard COCQUEREL le 26/07/1864 à Elbeuf.
  • Emile Albert : ° 11/06/1845 à Elbeuf
  • Augustin Ernest : ° 21/08/1848 à Elbeuf
  • Salvina Rosalie : ° 04/06/1850 à Elbeuf
  • Victor Frédéric : ° 02/03/1852 à Elbeuf, x Céline Désirée LEPAILLEUR le 15/05/1880 à Elbeuf.
  • Joséphine Léonie : ° 19/03/1853 à Elbeuf.

De tout ce petit monde, je n’ai retrouvé qu’un seul mariage ((Elbeuf étant une assez grande ville, les TD sont… sympas, comme lecture)), celui de l’aînée, Constance Ambroisine. Dans cet acte, on apprend (ou pas) que son père est “absent d’Elbeuf, son dernier domicile connu, depuis l’année 1854, n’ayant pas donné de ses nouvelles depuis cette époque.” La mariée étant encore mineure, un acte de notoriété a dû être dressé, auprès du juge de paix d’Elbeuf, le 22/07/1864. Malheureusement, les archives du juge de paix sont extrêmement lacunaires, et ne contiennent sur cette période, que quelques documents, quasiment tous ayant trait à des sociétés. Raté.

Je n’apprendrai encore que deux choses :

  • Papa n’est pas très présent. Il ne déclare la naissance que de deux de ses enfants, en 1843 et 1848. Tous les autres seront déclarés par leur grand-père maternel et divers témoins et sage-femmes.
  • La famille à la fin du siècle est pauvre:
    • Tranquille Victoire REVERT décède à l’hospice d’Elbeuf, et les tables d’enregistrement montrent qu’elle ne laisse strictement rien derrière elle (biens du décédé = zéro francs).
    • Dans le contrat de mariage de Victor Frédéric, en 1880, le marié n’apporte à la communauté que “les habits, linges et hardes à son usage personnel”, estimés à 200F. Le trousseau de la mariée est estimé à 1721F.

Chronologie de la vie de Frédéric DUTHEIL

Juste pour avoir les idées plus claires 😉

  • 16/03/1820 : Naissance à Brionne
  • 1840 : Service militaire
  • 23/01/1843 : Mariage à Saint-Pierre-des-Cercueils (27) – Ouvrier de fabrique – Domicilié à Brionne.
  • 07/12/1843 : Naissance de Ambroisine Constance Saint-Pierre – Journalier – Domicilé à Saint-Pierre. Naissance déclarée par le père.
  • 11/06/1845 : Naissance d’Emile Albert à Elbeuf – Journalier – Domicilé à Elbeuf (rue des 3 cornets). Naissance déclarée par JB REVERT et la sage-femme.
  • 21/08/1848 : Naissance d’Augustin Ernest à Elbeuf – Journalier – Domicilié à Elbeuf (rue du Neubourg). Naissance déclarée par le père.
  • 05/06/1850 : Naissance de Salvina Rosalie à Elbeuf – Domicilié à Elbeuf (rue du Neubourg). Naissance déclarée par la sage-femme et JB REVERT.
  • 02/03/1852 : Naissance de Victor Frédéric à Elbeuf – Journalier – Domicilié à Elbeuf (rue Lefort). Naissance déclarée par la sage-femme et JB REVERT.
  • 21/03/1853 : Naissance de Joséphine Léonie à Elbeuf – Journalier – Domicilié à Elbeuf (rue Lefort). Naissance déclarée par le médecin et JB REVERT.
  • 1854 : Disparition
  • 26/07/1864 : Mariage de Constance Ambroisine à Elbeuf – “Absent d’Elbeuf, son dernier domicile connu, depuis l’année 1854, n’ayant pas donné de ses nouvelles depuis cette époque” – Acte de notoriété chez le juge de paix d’Elbeuf le 22/07/1864.
  • 15/05/1880 : Mariage de Victor Frédéric à Elbeuf – “sans domicile connu” – “sans nouvelles depuis plus de 26 ans”.
  • 29/03/1886 : Décès de Tranquille Victoire, sa femme – “sans domicile connu”.

Recherches à faire

  • Mariages des autres enfants du couple. Si l’un d’entre eux s’est marié en étant mineur, un autre acte de notoriété a pu être dressé. Avec un peu de chance, chez un notaire.
  • Dossier militaire d’Antoine Frédéric DUTHEIL (service en 1840).
  • Eventuellement, archives de la police en 1854, la disparition a bien dû être déclarée.
  • Pourquoi pas les journaux de 1854.
[Edit du 06/05/2011] Peut-être une piste ici ! Prochaine étape, le CAOM

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