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Meurtre en Algérie

Ambroise Jules CRAMET est mon SOSA n°26, l’arrière-grand-père de ma maman. Il est né le 15/12/1856 à Robertville (Algérie), de Ambroise Joseph CRAMET et Angélique BONNEL. Il est leur cinquième et dernier enfant, pour autant que je sache (sa dernière soeur étant âgée de 12 ans à sa naissance, il est possible qu’il y en ait eu un ou deux autres, mais je ne les ai pas trouvés). Il est aussi le seul à être né en Algérie.

La famille est originaire du Pas-de-Calais, plus exactement Maisnil-les-Ruitz, et Hersin-Coupigny. Des Ch’tis au soleil ! Ils s’installent à Robertville en 1850, et le petit Ambroise Jules grandira dans une ferme agricole d’abord assez petite (10 hectares), puis agrandie par l’obtention d’une concession supplémentaire de 34 hectares en 1860.

Ambroise a 12 ans quand son père meurt, le 12/08/1868. C’est à 25 ans, le 08/04/1882, qu’il épouse Joséphine STRAUMANN, une jeune fille de 19 ans, originaire d’Alsace. Installé à Robertville, le couple aura 5 enfants, dont 4 filles :

  1. Gustave Victor, né le 24/02/1883, qui décèdera à l’âge de 2 ans 1/2, le 28/09/1885
  2. Jeanne Françoise, née le 20/03/1885, décédée le 09/03/1954 à Bône. C’est mon arrière-grand-mère.
  3. Angélique Marie, née le 08/07/1887, morte à 5 ans, le 03/08/1892
  4. Eugénie Joséphine, née le 21/01/1890, décédée le 21/03/1972 à Pau
  5. Claire Marie, née le 16/07/1892



Famille CRAMET vers 1900. De gauche à droite et de bas en haut : Joséphine STRAUMANN, Ambroise CRAMET, Jeanne CRAMET, Angélique BONNEL, Claire CRAMET, Eugénie CRAMET



Au cours de sa vie, Ambroise sera décoré de la médaille du mérite agricole, et élu maire de Robertville.

Le 30/11/1900, sa mère Angélique meurt à l’âge très respectable de 87 ans (d’autant plus respectable que les conditions de vie en Algérie à cette époque ne favorisaient pas une longévité importante…). Pour l’anecdote, c’est Ambroise, en tant que maire, qui écrira et signera l’acte de décès de sa mère :



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Source #647 : Décès d'Angélique BONNEL. Source : CAOM




En 1904, à 47 ans, Ambroise est un “colon agricole” établi, maire de sa commune, reconnu par ses administrés, à la tête d’une belle famille, avec trois filles âgées de 12, 14 et 19 ans. Un soir d’octobre, il s’apprête à rentrer chez lui, lorsque deux coups de feu retentissent et le tuent sur le coup.



Source #645 - Extrait du journal "La Croix de l'Algérie et de la Tunisie, n° 1050, du 13/10/1904, page 3". Source : Gallica



Il sera malheureusement très difficile, voire impossible d’en savoir plus. En effet, un non-lieu sera rendu quelques mois plus tard :



Source #646 : La Gazette Algérienne, numéro 1955, du 29/08/1905, page 2. Source : Gallica



Je savais depuis longtemps qu’il avait été assassiné. La légende familiale, qui m’a été récemment répétée par un cousin éloigné (un fils ou petit-fils d’une des deux autres filles d’Ambroise), dit, d’aussi loin que je m’en souvienne, qu’il a été, et je cite, “tué d’une balle dans le dos par un Arabe”. Malheureusement, je ne crois pas que j’arriverais à mettre un jour la main sur la décision de non-lieu, qui aurait – peut-être – pu m’éclairer un peu sur les éventuels suspects, ou sur l’enquête. Même si l’assassinat est prouvé par ces articles (et mon arrière-grand-mère, sa fille, que ma mère a connue), je me méfie des raccourcis, assez courants dans ce genre de “mémoire familiale” et de contexte. Si la justice n’a pas conclu à l’identité du tueur, je me garderais bien de le faire aussi.

Ceci dit, il semblerait qu’Ambroise CRAMET n’ait pas été le seul a être assassiné, dans la région : voir à ce sujet un article assez virulent dans le journal “Les annales africaines’, paru en 1910 (toujours sur Gallica). Là encore, point de mention de l’origine éventuelle des tueurs, et pourtant, souvent, dans ces journaux, ils ne se gênaient pas.

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